Le gouvernement veut que les bailleurs HLM se substituent aux efforts financiers de l’Etat à hauteur de 340 millions d’euros. Pour l’Association Force ouvrière Consommateurs, c’est ni plus ni moins un «détournement de fonds» inacceptable.
Dans le cadre de ses orientations budgétaires 2011-2013, le gouvernement a annoncé mardi de nouvelles coupes dans les dépenses sociales. Il envisage notamment d’amputer comme jamais les crédits alloués à la politique de logement. Le ministre du Budget, François Baroin, a affirmé ainsi que «les bailleurs sociaux vont devoir mobiliser 340 millions d'euros supplémentaires au profit de la construction de logements sociaux (HLM)». Autrement dit, ceux-ci devront se substituer aux efforts financiers de l’Etat en la matière.
Ce qui fait hurler l’Association Force ouvrière Consommateurs (AFOC). Rappelant que le gouvernement avait déjà opéré en 2008 un hold-up sur le 1% logement (1 milliard d’euros en moins), elle dénonce un nouveau «détournement de fonds» sociaux qui ne peut que détériorer la politique de logement. Le coup de rabot annoncé menace directement la construction d’au moins 20.000 nouveaux logements à vocation sociale, estime t-elle. Outre le contexte grave de la crise économique, le retrait de l’Etat serait d’autant plus inopportun, souligne l’association, que la «France compte pas moins de 3,5 millions de mal logés». Pour l’AFOC, alors que «le logement social est censé constituer l’un des fondements essentiel du socle républicain, l’Etat n’a pas à faire supporter aux acteurs du logement social le poids de la rigueur budgétaire»
FO condamne également la volonté du gouvernement de réduire les droits au logement des étudiants. M. Baroin veut effet que les étudiants et leurs parents ne puissent plus, à partir de 2011, cumuler l'aide personnalisée au logement (APL) et la demi-part fiscale pour enfant à charge. Ils devront alors choisir entre l'une et l'autre. En conditionnant de la sorte l’APL, déplore l’AFOC ; «les pouvoirs publics mettrait à mal l’égalité des chances et le droit pour tous aux études supérieures».