Revue de presse

Par les grèves et les flots

, Michel Pourcelot

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L’actualité de ces jours est largement alimentée par les grèves et les inondations. L’occasion pour certains médias de noyer le poisson, sinon de tenter de l’achever. Quelques bulletins de météo sociale. Agitée.

La Croix
Les yeux mouillés, certains voient la vague s’étendre : « Sur une bonne partie de la France, les cieux sont bien sombres et les pluies inlassables. Les grèves s’enchaînent sans trêve et l’on se demande si l’expression « partenaires sociaux » a encore un sens ». Pour les « partenaires » oui. Les interlocuteurs, quant à eux, donnent de la voix.

Libération
Face aux ondes déchaînées : « l’actuelle lutte contre la loi travail (...) aura fait ressortir comment le système médiatique, comme un seul homme, a épousé le point de vue patronal - on n’ose même plus parler de point de vue gouvernemental, tant on le cherchait à la loupe, ces derniers jours. Il fallait voir l’escouade des envoyés spéciaux envahir les stations-service à sec, agiter le spectre des éventuelles coupures d’électricité, s’enivrer d’exégèses sur la "radicalisation" de la CGT ». Bref, la représentation d’un conflit social en match de catch. L’Ange blanc contre le bourreau de Béthune.

Ouest-France
A l’Ouest, un éditorialiste anonyme, qui signe à la pointe de son Medef, stigmatise le Mal : « Non, ce n’est pas le progrès qui est en marche en France ces temps-ci. Ni la modernité, ni la liberté, ni la démocratie. Au contraire, c’est le repli sur soi étouffant, le conservatisme le plus ringard, le plus nocif et aussi le plus dissimulé, le plus hypocrite ». Serait-ce en fait une autocritique ?

La Nouvelle République
Les grèves font tâche d’huile, pourquoi ne pas jeter de l’huile sur le feu : « la stratégie de Pierre Gattaz suscite encore des questions. Si son but, en comparant des cégétistes à des "voyous" ou des "terroristes", était de rapprocher Manuel Valls et Philippe Martinez, c’est très réussi. Après le premier pas fait par le leader de la centrale au sujet des négociations autour de la loi Travail, le Premier ministre s’est empressé de défendre la CGT ». Un peu de clémence ne saurait nuire.

Les Echos
Surtout quand on allume la mèche de la lampe-tempête, le président du Medef ayant surfé sur la vague vallsienne, d’« otages » à « terroristes » : « Le secrétaire d’Etat au Budget, Christian Eckert, a assuré ne pas aimer les expressions de type « prise en otage » pour qualifier les grèves actuelles tout en appelant la CGT à « sortir par le haut » de la contestation de la loi Travail. « Evitons les mots qui blessent, les mots qui vexent : condamnation, prise en otage, je n’aime pas ce vocabulaire, a déclaré le responsable politique (...), en référence à une terminologie utilisée pourtant par le Premier ministre Manuel Valls et par la ministre du Travail Myriam El Khomri ».

Le Monde
Et voilà que la météo prend le pays en otage, bloque les routes, menace Roland-Garros : « A la grève qui affecte une partie du trafic s’ajoutent les perturbations liées aux intempéries. Selon la SNCF, le "triangle Orléans-Tours-Vierzon" est affecté, ainsi que les lignes TER Paris-Chartres et Paris-Orléans. Des suppressions et des retards ont été constatés ». Heureusement, en France, ce n’est pas la crue qui gouverne.

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