Festival

Perpignan, Mecque du photojournalisme

, Michel Pourcelot

Recommander cette page

La 29e édition de « Visa pour l’image », le festival international du journalisme de Perpignan, qui se tient jusqu’au 17 septembre, confirme l’évènement comme aussi incontournable que révélateur de l’évolution de la profession.

Comme les années précédentes, ce sont 25 expositions qu’offre la 29e édition du festival international du photojournalisme de Perpignan (2-17 septembre), devenu l’Avignon de la profession, avec même son « off » (2 au 16 septembre), où les amateurs, à travers quelque 90 expos à travers le centre-ville, peuvent sortir des grilles de la sélection. En effet cette dernière est symptomatique de l’évolution de la profession toujours plus encline, car fort précarisée, à privilégier le sujet qui vend. Sous l’œil des sponsors de l’évènement où figurent en bonne place des poids lourds de l’édition et de la vente mondiale de photos.

Le poids du choc des photos

On retrouve cette année les grands thèmes qui abreuvent les sillons de la grande presse et des chaînes d’info : le califat islamique, la Syrie, l’Irak et sa bataille de Mossoul vue comme le Fabrice de Stendhal voyait Waterloo, le Venezuela décrit par l’œil zélé d’une photographe accréditée New York Times, l’islam à Cuba, embryonnaire mais éventuel successeur du communisme, le sort peu enviable des femmes hors du monde libéral... Perpignan, nombril d’un certain monde. Heureusement, hors de ces expositions phares et des mille maux de l’image choc, le festival offre de rares bonnes surprises. Pourtant le directeur du festival l’a lui-même rappelé cet été : L’un des géants de la profession, Don McCullin, le martelait lors d’une conférence à Perpignan il y a quelques années : Avant d’aller couvrir la guerre, couvrez la pauvreté en bas de chez vous. Il l’a dit. Cent fois, peut-être. Mais comme personne n’écoute, on le répète. Apparemment ses mots ont manqué de poids.

Voir en ligne : Programme complet sur le Net