Métallurgie

PSA Metz-Trémery : rassemblement le 24 mars pour la défense de l’emploi

, Evelyne Salamero

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Site de production de moteur diesel pour automobile de PSA Peugeot Citroen de Trémery. ©Fred MARVAUX/REA

Les syndicats FO du pôle PSA Metz-Trémery appellent à un rassemblement le 24 mars à 9h15 devant le Conseil régional à Metz pour demander un soutien politique et financier de la part des élus de la région Grand-Est, afin de préserver les emplois des deux usines lorraines.

FO veut obtenir la garantie que la fabrication d’une boîte de vitesse automatique sera prochainement lancée et que cette production sera répartie entre le pôle Metz-Trémery et le site de Valenciennes (Nord).

Une boîte de vitesses automatique pour sauver l’emploi

L’enjeu est d’autant plus crucial que l’usine de Trémery fabrique des moteurs diesel, activité vouée à chuter fortement d’ici deux ans, du fait du dieselgate provoqué par des politiques, dénonce FO.

A Metz, le site de Borny produit lui des boîtes de vitesses manuelles qui ne seront plus adaptées à l’automobile de demain, s’inquiète aussi le syndicat.

A l’inverse, le marché de la boîte de vitesses automatique est en pleine expansion. Près d’un véhicule sur deux devrait en être équipé à l’horizon 2022 selon une estimation de la direction générale de PSA, indique Maryvon Rion, secrétaire du syndicat FO PSA Metz.

Plusieurs milliers d’emplois ont déjà été supprimés depuis 2007 sur le pôle, rappelle-t-il. Et si tout s’est fait sur la base de départs volontaires, dans le cadre d’un accord de Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), et sans licenciements, il n’en reste pas moins qu’au final ce sont autant d’emplois qui ne sont plus là, souligne le responsable FO.

D’ores et déjà, l’abandon d’un moteur diesel (le D23) est programmé à Trémery dans un avenir proche a fait savoir la direction et le démarrage de la production d’un moteur électrique ne permettra pas d’absorber le sureffectif lié à l’arrêt de cette production, explique-t-il.

La fabrication d’une boîte de vitesses automatique permettrait donc de maintenir l’activité à un niveau suffisant pour préserver les effectifs à leur niveau actuel.

Aujourd’hui PSA peut se le permettre, expliquent les syndicats FO

L’idée de développer une boîte de vitesses automatique n’est pas nouvelle chez PSA. Elle avait été mise à l’étude en 2011 par la direction du groupe, qui avait alors mis en concurrence ses sites de Metz en Moselle et de Valenciennes dans le Nord pour sa production éventuelle. Valenciennes avait été retenue. Mais la situation financière critique du groupe avait finalement conduit la direction à abandonner le projet et à acheter des boîtes de vitesses à un groupe japonais.

Aujourd’hui, le contexte a changé, expliquent les syndicats FO de Metz-Trémery qui rappellent au passage que, comme la direction le leur a indiqué, le pôle a généré à lui tout seul 10 millions d’euros d’économies sur le budget 2016.

Le groupe envisagerait d’ailleurs la relocalisation de cette production en France. Mais la grande interrogation des salariés des sites PSA de Moselle est de savoir si leurs usines en bénéficieront. Une préoccupation d’ailleurs partagée au-delà des établissements PSA dans ce département qui porte encore les stigmates de la grande crise de la sidérurgie des décennies passées, explique Alexandre Tott, secrétaire général de l’Union départementale FO de Moselle, soulignant l’importance, aussi, d’une intervention publique.

Laurent Smolnik, responsable du secteur automobile à la fédération FO de la Métallurgie souligne que le rachat d’Opel par PSA doit aussi être une opportunité, notamment pour les sites de Metz et Trémery, de développer une activité supplémentaire.

Un rassemblement pour se faire entendre

Les syndicats FO PSA des deux sites lorrains ont commencé en janvier dernier à interpeller toutes les personnalités (maires, députés, sénateurs et président) de la région Grand Est, comme ils l’avaient fait en 2011, pour obtenir un soutien politique et financier.

Le 31 janvier, le président du Conseil Régional, M. Philippe Richert, qui recevait une délégation de FO, a promis d’investir 15 millions d’euros pour permettre la fabrication de la boîte de vitesse automatique sur les deux sites lorrains. Mais rien n’a été officiellement confirmé depuis.

C’est donc pour se faire entendre, que les syndicats FO des usines de Metz et Trémery, appellent à un rassemblement devant le conseil régional vendredi 24 mars, soutenus par la fédération FO Métaux et l’Union départementale qui invite l’ensemble de ses syndicats, quels que soient leurs secteurs, à s’y joindre.

 

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Evelyne Salamero

Journaliste - Rubrique internationale

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