Éditoriaux de Jean-Claude Mailly - FO Hebdo

Rester sur notre rôle syndical

, Jean-Claude Mailly

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Photographie : F. Blanc / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0

Si le gouvernement est parvenu, avec un passage en force au 49-3, à inverser la hiérarchie des normes en matière de temps de travail, il n’est pas encore parvenu à inverser la courbe du chômage. Qui plus est, le consensus des économistes prévoit pour 2017 une croissance plus faible que celle espérée par le gouvernement.

Or on sait très bien qu’une activité économique plus forte est indispensable pour faire reculer durablement le chômage. Mais cela impose de changer d’orientation économique, de passer d’une logique libérale axée sur la flexibilité du marché du travail à une logique keynésienne, portant notamment sur une relance de l’investissement et de la demande.

C’est-à-dire de sortir du cycle de l’austérité car l’emploi et le pouvoir d’achat sont au centre des préoccupations des salariés actifs, chômeurs et retraités. Dans la même logique, nous sommes très attentifs aux initiatives que pourrait prendre le gouvernement concernant l’Assurance chômage. Nous n’accepterons pas, en particulier, une remise en cause des droits des salariés et demandeurs d’emploi.

Dans les semaines et mois à venir nous rappellerons publiquement nos positions et revendications sans pour autant, directement ou indirectement, nous impliquer dans la campagne présidentielle.

Je me permets d’ailleurs, à titre d’observateur, de relever que les procédures de primaire sont effectivement primaires. C’est la foire à l’Audimat, le concours Lépine du politique et je ne suis pas sûr (c’est peu dire…) que la démocratie en sorte grandie.

Pour ce qui nous concerne et bien que l’actualité médiatique sera focalisée sur ces élections, nous continuerons assidûment notre travail syndical. Ce fut le cas la semaine dernière pour les dossiers industriels lors d’un rendez-vous avec le nouveau secrétaire d’État à l’Industrie ainsi qu’avec la ministre du Travail.

Par ailleurs, la campagne des élections TPE bat son plein.

C’est en restant sur notre rôle syndical, sur nos principes de liberté et d’indépendance et en accentuant notre développement que nous rendrons le mieux service aux salariés, en répondant à leurs attentes.

À la différence d’autres syndicats (suivez mon regard) nous ne pratiquons pas le marketing syndical, nous militons tout simplement. 

A propos de cet article

Sur l’auteur

Jean-Claude Mailly

Secrétaire général de FO


Marche générale de l’Organisation - Expression publique - Relations avec les Fédérations Nationales et les Unions Départementales - CSI/CES


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Site internet : https://twitter.com/jcmailly

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Éphéméride

18 janvier 1803

Mort de Sylvain Maréchal
Fils d’un marchand de vin, Pierre-Sylvain Maréchal suit des études de droit et devient avocat à Paris. A l’âge de 20 ans il publie Bergeries, un recueil d’idylles, dont le succès lui vaut d’obtenir un emploi de sous-bibliothécaire au collège Mazarin dont il retirera une grande érudition. Admirateur de (...)

Fils d’un marchand de vin, Pierre-Sylvain Maréchal suit des études de droit et devient avocat à Paris. A l’âge de 20 ans il publie Bergeries, un recueil d’idylles, dont le succès lui vaut d’obtenir un emploi de sous-bibliothécaire au collège Mazarin dont il retirera une grande érudition. Admirateur de Rousseau, Voltaire, Helvétius, Diderot, il fréquente un cercle d’auteurs incroyants et développe une philosophie basée sur un socialisme agraire où les biens seraient mis en commun. Ses critiques du pouvoir absolu (Livre échappé du déluge, 1784) et son athéisme lui font perdre son emploi. Sylvain Maréchal est alors obligé de vivre modestement de ses oeuvres littéraires. Il est condamné à quatre mois de prison pour son Almanach des Honnêtes Gens (1788) où il substitue aux saints, des personnages célèbres, annonçant ainsi le futur calendrier révolutionnaire.
Sylvain Maréchal s’enthousiasme pour la Révolution française et défend les pauvres, tout en se montrant un adversaire de l’autoritarisme. Son article de février 1791, « Des pauvres et des riches », où il évoque « dans toute son ampleur le problème social qu’il n’avait abordé jusqu’ici que sous une forme sentimentale et morale » (Dommanget) s’inscrit dans la lutte entre royalistes et républicains. Dans la lutte entre Girondins et Jacobins, il ne prend partie pour l’un ni l’autre. Il montre son scepticisme sur le cours pris par la révolution dans son livre Correctif à la Révolution. Après la chute de Robespierre, il s’approche des Conjurés de Babeuf et rédige le Manifeste des Égaux, où il montre les hommes dupés par les belles paroles des politiciens ambitieux, les nouveaux tyrans assis à la place des anciens : « Disparaissez enfin, révoltantes distinctions de riches et de pauvres, de grands et de petits, de maîtres et de valets, de gouvernants et de gouvernés ». C’est à cause de cette phrase que le Comité directoire secret des Conjurés refuse de publier le manifeste. Le manifeste prône encore une fois la communauté des biens, c’est-à-dire la terre. Son originalité réside, selon Dommanget, dans « la double réunion du principe révolutionnaire et de l’idée communiste au mouvement de la masse laborieuse ». Ses écrits n’étant pas signés, Maréchal échappe aux poursuites judiciaires contre les Conjurés, et continue de publier jusqu’à sa mort survenue le 18 janvier 1803.