Éditoriaux de Jean-Claude Mailly - FO Hebdo

Restons nous-mêmes, libres et indépendants

, Jean-Claude Mailly

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Photographie : F. Blanc / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0

Un mauvais projet de loi ne devient pas bon, par miracle, quand il est publié au Journal officiel. C’est le cas de la loi Travail.

Les manifestations et rassemblements du 15 septembre, compte tenu du contexte, n’étaient pas négligeables, loin s’en faut. Et si nous avons décidé, dans l’immédiat, de ne pas appeler à d’autres manifestations, nous allons continuer sous d’autres formes notre combat contre cette loi néolibérale qui fragilise et flexibilise le travail. Nous travaillons sur les recours juridiques, nous avons mis en place un système de veille et nous allons surveiller comme le lait sur le feu les décrets et la mise en application de la loi dans les entreprises.

Comme je l’ai indiqué plusieurs fois, cette loi sera le chewing-gum qui collera aux chaussures du gouvernement. Quand on lit ce que vient encore d’affirmer le président de la République, à savoir qu’il a permis un vrai dialogue entre un patronat moderne et des syndicats réformistes (!), on mesure le fossé qui existe ainsi que la méconnaissance et l’inexpérience des relations sociales et du social en général. La plaie est donc loin d’être refermée.

Cette loi a ouvert la porte de la remise en cause des conventions collectives nationales et, demain, des statuts. Et je ne parle pas du fiasco de la méthode.

Il y a un lien avec la campagne pour les élections dans les TPE. En effet les salariés, comme les employeurs, dont les artisans, entendent bien conserver les conventions collectives nationales. Toutes mes visites actuelles le confirment. Salons de coiffure, pharmacies, TPE de la métallurgie, commerces, etc. Ce que les employeurs réclament ce n’est pas la loi Travail, c’est de la simplification administrative et qu’on les aide en termes de trésorerie quand ils connaissent des trous d’air.

Pour ces élections, tous les adhérent(e)s FO doivent être sur le pont. Nous sommes tous en contact, chaque jour, avec ces salariés. Souvent nous les aidons, nous les appuyons, nous leur indiquons leurs droits.

Ce n’est pas parce qu’on est dans une petite entreprise qu’on doit avoir de petits droits.

Loi Travail, TPE : restons nous-mêmes, libres et indépendants. Continuons à être de vrais réformistes, exigeants, ni béni-oui-oui, ni béni-non-non. 

A propos de cet article

Sur l’auteur

Jean-Claude Mailly

Secrétaire général de FO


Marche générale de l’Organisation - Expression publique - Relations avec les Fédérations Nationales et les Unions Départementales - CSI/CES


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Site internet : https://twitter.com/jcmailly

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Éphéméride

19 octobre 1862

Naissance de Marcel Sembat, journaliste et orateur
Sous l’influence d’Édouard Vaillant, il entra au comité révolutionnaire central. Dans ses articles incisifs, il menait un combat ouvert et courageux pour la défense du mouvement syndical et en faveur de l’action de la vieille CGT. Il défendit Yvetot au procès de Nantes, et protesta avec énergie contre (...)

Sous l’influence d’Édouard Vaillant, il entra au comité révolutionnaire central. Dans ses articles incisifs, il menait un combat ouvert et courageux pour la défense du mouvement syndical et en faveur de l’action de la vieille CGT. Il défendit Yvetot au procès de Nantes, et protesta avec énergie contre les poursuites et les condamnations des militants syndicalistes. Il prononça à la Chambre des discours retentissants contre l’occupation illégale par la police de la Bourse du travail et à propos de l’affiche antimilitariste. Avant la première guerre mondiale, Marcel Sembat combattit la politique antiouvrière de Clemenceau. Orateur et journaliste de talent, plein de verve, il était spirituel et mordant pour la vérité et la justice. L’évolution, disait-il, se poursuivra inexorablement et amènera la transformation sociale nécessaire. Les syndicats et les coopératives sont les facteurs indispensables de ce renouveau.