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Santé au travail dans le monde : dire non aux discriminations

, Françoise Lambert

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A l’occasion de la journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, le 28 avril 2017, la Confédération internationale du travail (CSI) appelle à combattre les discriminations, qui rendent certains travailleurs plus vulnérables que les autres.

Dans le monde, toutes les quinze secondes, un travailleur meurt d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle et 153 travailleurs sont victimes d’un accident en rapport avec le travail. Le travail fait plus de 2,3 millions de morts par an. Ces chiffres, alarmants en soi, cachent une autre réalité, toute aussi inquiétante, rappelle la Confédération internationale du travail (CSI) à l’occasion de la journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail le 28 avril 2017 : les discriminations liées au genre, à la race et à la classe sociale rendent certaine travailleurs plus vulnérables que d’autres.

Rôle important des syndicats dans la lutte contre les discriminations

Les syndicats jouent un rôle important sur les lieux de travail pour améliorer la situation. Car ils combattent les différences salariales, l’insécurité de l’emploi ou les discriminations au travail, nocives pour la santé des salariés

Les bas salaires apparaissent comme un des principaux indicateurs de risque pour la santé et la sécurité des salariés. Ils correspondent en général à des emplois pénibles et précaires.

La CSI note par ailleurs le manque de données sur la santé et la sécurité de certaines catégories de travailleurs discriminés, en raison de leur genre ou de leur appartenance ethnique.

Manque de données sur la santé des femmes au travail

Les femmes qui travaillent dans les soins et en tant que caissières au supermarché peuvent soulever plus de poids en une journée de travail qu’un ouvrier de la construction ou qu’un mineur, rappelle la CSI.

L’organisation internationale souligne qu’une majorité des études sur les maladies professionnelles prennent surtout en compte les expositions masculines, dans les usines ou les mines par exemple.

Les expositions professionnelles d’activités majoritairement féminines, comme les soins et les services d’entretien, sont insuffisamment étudiées et sous-estimées, estime-t-elle.

La CSI note en outre que le cancer du sein n’est pas reconnu comme maladie professionnelle, alors qu’il est probablement le cancer professionnel mortel le plus fréquent, dans les secteurs employant des produits chimiques perturbateurs endocriniens, comme l’agriculture, l’industrie plastique ou le conditionnement alimentaire.

Tout comme les discriminations professionnelles liées au genre, celles liées à la classe sociale et surtout à l’appartenance ethnique, sont peu prises en considération.

USA : les travailleurs afro-américains plus exposés

L’organisme de recherche sur la santé professionnelle du gouvernement des États-Unis, le NIOSH, indiquait dans une note de 2011 : Les travailleurs afro-américains, hispaniques et immigrants sont majoritairement employés à des activités parmi les plus dangereuses (…) Le taux de blessure des Afro-américains, hommes et femmes confondus, est de ce fait environ supérieur d’un tiers à celui des travailleurs blancs non-hispaniques.

Dangereuse et injuste, la discrimination au travail nuit à toutes et à tous

Avec le slogan Dangereuse et injuste, la discrimination au travail nuit à toutes et à tous, la CSI a appelé les syndicats à se saisir de la question, à l’occasion de la journée mondiale pour la sécurité et la santé au travail, le 28 avril.

La Confédération européenne des syndicats (CES) a rappelé le travail mené en ce moment par les confédérations britannique (TUC) et espagnoles (UGT, CCOO) contre la propagation de la xénophobie. Au Royaume-Uni, plus d’un tiers des salariés issus de minorités ethniques ont été témoin ou victime d’insultes à caractère raciste depuis juin 2016.

De son côté, l’Organisation internationale du travail a créé une « boite à outils » afin d’aider les pays à récolter et traiter des données fiables sur la sécurité et la santé au travail.

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Françoise Lambert

Journaliste FO Hebdo - Santé - Retraite

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