Portrait - FO Hebdo

Sourire à la vie et se battre, sans relâche

, Evelyne Salamero

Recommander cette page

Secrétaire général du syndicat FO Bordeaux Métropole, Raymond Léglise a commencé à travailler comme éboueur à l’âge de 16 ans et s’est arrêté, par force, à 51 ans, après un grave accident du travail.

« J’ai trente-cinq ans de benne derrière moi », résume Raymond en souriant, car malgré les soucis, les galères, la fatigue, la maladie, qu’il a l’air de bien connaître mais dont il parle avec parcimonie, pas question de ne pas « sourire à la vie », comme il dit. Aujourd’hui âgé de 58 ans, permanent syndical, il n’a pas hésité à se placer en première ligne dans le conflit qui oppose les éboueurs et agents de la voirie et des déchèteries des 27 communes de la métropole aux élus et à leur hiérarchie.

« On se bat aussi pour nos enfants »

Ces fonctionnaires de catégorie C, qui gagnent entre 1 200 et 1 500 euros net par mois au maximum, revendiquent notamment que leur régime indemnitaire soit renégocié (comme promis en 2012) et s’opposent à une hausse de leur cotisation à la mutuelle. Levé à 3h du matin pour les assemblées générales au moment des premières embauches, couché à pas d’heure, Raymond ne ménage pas ses forces. « On se bat aussi pour nos enfants », explique-t-il. Sa fille est en quatrième année de médecine et son fils, titulaire d’un master 2 en ingénierie-imagerie, ne se voit proposer que des stages non rémunérés en guise d’emploi et vit du RSA à l’âge de 30 ans. « La violence elle est aussi là », souffle le militant, avant de conclure : « On n’a pas le choix, la solution c’est de continuer à se battre. »