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Un avant-projet de loi dérégulateur qui vient de loin

, Mathieu Lapprand

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Qu’ont en commun messieurs Combrexelle, Mettling, Badinter mais aussi Quinqueton ou Cesaro ? Ils ont chacun, ces derniers mois, remis un rapport au gouvernement traitant du droit du travail… et préparant le terrain à cet avant-projet de loi. Combrexelle et Badinter remettant en cause l’architecture du droit du travail, Quinqueton et Césaro préparant la suppression des petites branches et des avantages acquis des salariés couverts par celles-ci, Mettling annonçant pour sa part la généralisation des forfaits jours.

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En Europe, ces dernières années, la mise en œuvre de réformes similaires au projet de loi Travail a abouti à l’effondrement des signatures d’accords collectifs. (Infographie : F. Blanc)

Ces différents travaux permettent au Premier ministre d’affirmer que son projet de loi Travail n’est pas directement issu des cahiers de revendications du patronat, mais « d’universitaires et d’intellectuels ». Pourtant, force est de constater, lors de la Commission nationale de la négociation collective du 24 février dernier, que seuls le Medef et la CGPME ont émis un avis favorable sur ce texte.

Malgré le million de chômeurs supplémentaire depuis mai 2012, malgré une conjoncture toujours plus maussade, comme les derniers chiffres publiés par l’Insee le montrent, le gouvernement ne remet pas en cause sa politique de l’offre. Au contraire, le responsable de la dégradation économique est tout trouvé, c’est le Code du travail qu’il faut désormais « simplifier ».

Relayant une logique toute patronale, le gouvernement se fait le chantre de la flexisécurité : augmenter la flexibilité des travailleurs tout en sécurisant les employeurs. Mais après plusieurs années d’austérité marquée, de lois régressives pour les droits des salariés, cet avant-projet met aujourd’hui le feu à la plaine sociale, comme le montrent tant les réactions des salariés que les premières mobilisations sur le Net. 


Focus : nos échéances  
• 3 mars 2016 : deuxième réunion de l’intersyndicale, probablement amenée à fixer une date de mobilisation, le 31 mars étant, à l’heure où nous bouclons ce journal, l’hypothèse privilégiée.
• 9 mars 2016 : date initiale de présentation en Conseil des ministres, d’ores et déjà retenue pour de premières actions diverses contre le projet de loi.

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28 mai 1871

L’assassinat d’Eugène Varlin
Louise Michel décrit l’assassinat par les Versaillais d’Eugène Varlin qui est resté dans l’histoire du mouvement ouvrier, comme elle-même, le symbole du soulèvement populaire. « La Commune était morte, ensevelissant avec elle des milliers de héros inconnus. Ce dernier coup de canon à double charge (...)

Louise Michel décrit l’assassinat par les Versaillais d’Eugène Varlin qui est resté dans l’histoire du mouvement ouvrier, comme elle-même, le symbole du soulèvement populaire. 
« La Commune était morte, ensevelissant avec elle des milliers de héros inconnus. Ce dernier coup de canon à double charge énorme et lourd ! Nous sentions bien que c’était la fin ; mais tenaces comme on l’est dans la défaite, nous n’en convenions pas...
Ce même dimanche 28 mai, le maréchal Mac-Mahon fit afficher dans Paris désert : “Habitants de Paris, l’armée de la France est venue vous sauver ! Paris est délivré, nos soldats ont enlevé en quatre heures les dernières positions occupées par les insurgés. Aujourd’hui la lutte est terminée, l’ordre, le travail, la sécurité vont renaître”. Ce dimanche-là, du côté dela rue de Lafayette, fut arrêté Varlin : on lui lia les mains et son nom ayant attiré l’attention, il se trouva bientôt entouré par la foule étrange des mauvais jours. On le mit au milieu d’un piquet de soldats pour le conduire à la butte qui était l’abattoir. La foule grossissait, non pas celle que nous connaissions : houleuse, impressionnable, généreuse, mais la foule des défaites qui vient acclamer les vainqueurs et insulter les vaincus, la foule du vae victis éternel. La Commune était à terre, cette foule, elle, aidait aux égorgements. On allait d’abord fusiller Varlin près d’un mur, au pied des buttes, mais une voix s’écria : “il faut le promener encore” ; d’autres criaient : “allons rue des Rosiers”.
Les soldats et l’officier obéirent ; Varlin, toujours les mains liées, gravit les buttes, sous l’insulte, les cris, les coups ; il y avait environ deux mille de ces misérables ; il marchait sans faiblir, la tête haute, le fusil d’un soldat partit sans commandement et termina son supplice, les autres suivirent. Les soldats se précipitèrent pour l’achever, il était mort. Tout le Paris réactionnaire et badaud, celui qui se cache aux heures terribles, n’ayant plus rien à craindre vint voir le cadavre de Varlin. Mac Mahon, secouant sans cesse les huit cents et quelques cadavres qu’avait fait la Commune, légalisait aux yeux des aveugles la terreur et la mort. Vinoy, Ladmirault, Douay, Clinchamps, dirigeaient l’abattoir écartelant Paris, dit Lissagaray, à quatre commandements.
Combien eût été plus beau le bûcher qui, vivants, nous eût ensevelis, que cet immense charnier ! Combien de cendres semées aux quatre vents pour la liberté eussent moins terrifié les populations, que ces boucheries humaines ! Il fallait aux vieillards de Versailles ce bain de sang pour réchauffer leurs vieux corps tremblants. »

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