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Voies navigables de France : la mobilisation a payé

, Valérie Forgeront

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La Direction de l’établissement public administratif (EPA) Voies navigables de France (VNF) a dû entendre les revendications des agents en grève à l’appel de FO du 8 au 10 juin dernier ainsi que ce 14 juin pour la journée d’action contre la loi travail.

Ce mouvement de grève lancé au plan national dans les sept directions territoriales de VNF (voies navigables de France) a été particulièrement suivi en Moselle avec un piquet de grève établi à Thionville et trois écluses fermées à la frontière avec l’Allemagne et le Luxembourg, ce qui a bloqué ainsi l’accès en France des bateaux circulant sur la Moselle internationale.

8 500 km de voies navigables

On compte 8 500 kilomètres de voies navigables en France. VNF en gère 6 700 km.

« La pression des chargeurs et des états voisins a été très forte » indique Dominique Schirmer pour FO.

Les agents de la direction territoriale Nord-est de VNF, qui ont reçu le soutien de leurs collègues venus du Nord ou encore de la région de Strasbourg, ont obtenu de rencontrer le directeur territorial du secteur nord-est le 9 juin puis de s’entretenir avec le directeur général de VNF le 10 juin.

Le mouvement visait à contester le projet de loi travail mais aussi les modalités du plan stratégique 2015-2020 de VNF (4633 agents dont 421 salariés en CDI de droit privé fin 2014) notamment la baisse programmée des effectifs ainsi que la dégradation des conditions salariales.

Le danger du tout automatique

Le plan de la Direction prévoit en effet que les effectifs d’agents affectés aux canaux de petits gabarits, soit 70% des personnels de VNF, soient réduits de moitié d’ici 2020.

« La direction de VNF voudrait tout automatiser ! » fulmine Dominique Schirmer.

« Cela permettait de réduire les effectifs pour faire face à l’insuffisance des moyens budgétaires de l’établissement ».

Or, souligne le syndicat FO, « la gestion hydraulique, tout au long de l’année, week-end et jours fériés compris, doit rester du domaine de l’humain. La réactivité d’un être humain est bien supérieure à celle d’un automate. La sécurité des biens et des personnes nécessite impérativement de maintenir au minimum les effectifs 2015. »

Actuellement regrette encore le militant FO « la majeure partie des moyens de VNF est consacrée au réseau de grand gabarit » tels la Seine, le Rhin, le Rhône ou encore la Moselle au détriment des voies de petits gabarits (tel le canal du midi).

En un an constate ainsi Dominique Schirmer, « le montant des investissements sur les petits gabarits est passé de 11 millions à deux millions d’euros ».

Pour maintenir la sécurité publique

Le niveau des effectifs affectés à ces plus petites voies de circulation fluviale pose problème désormais. « Au lieu de renforcer les effectifs par le recrutement de titulaires, en saison la direction fait appel à des dizaines de salariés précaires, saisonniers ».

Pour le syndicat FO, à rogner sans cesse sur les effectifs, le problème de la sécurité publique est maintenant posé.

« Les derniers évènements climatiques et météorologiques prouvent combien notre pays a besoin d’un service public de la voie d’eau de qualité, efficace et réactif. Actuellement il repose sur des personnels professionnels, consciencieux, compétents, expérimentés, mais en nombre insuffisant au regard des infrastructures à entretenir et à protéger. »

Par la grève les personnels ont obtenu un « cadrage plus précis concernant les modalités de recours aux saisonniers ». Ils ont obtenu aussi entre autres l’ouverture d’un chantier sur la revalorisation des primes des administratifs.

FO obtient un moratoire

Les personnels de VNF affectés au réseau petits gabarits contestent aussi le projet de la direction visant une réorganisation en basse saison du travail sur la semaine. Cette réforme faisant passer l’organisation de la gestion hydraulique en 5 jours/7 contre 7jours/7 actuellement induirait une perte de salaire allant de 200 à 250 euros par mois pour les agents.

« VNF s’autorise une navigation sans personnels présents le week-end, dans le créneau horaire douze heure/quatorze heure et les jours fériés, avec seulement une personne d’astreinte. C’est inacceptable et indigne d’un service public. FO s’y oppose ! » Les personnels ont obtenu un « moratoire » sur ce projet.

Par cette grève, les personnels se sont opposés aussi à l’obligation d’une pause méridienne. Pour FO en effet, « le système de travail en continu doit perdurer. D’une part il permet une présence continue auprès des usagers et il évite des trajets inutiles. D’autre part il contribue au maintien de la rémunération des personnels ».

Encore le PPCR...

Et FO de faire remarquer à la direction que c’est elle-même qui a imposé ce système en 2008. « Il est hors de question de nous l’enlever maintenant alors que cela est un élément non négligeable de la rémunération des personnels ! »

Après une rencontre avec la direction et à l’issue de la grève, les personnels ont obtenu le maintien du service continu.

Les personnels de VNF qui devaient rencontrer aussi ce mardi des représentants du ministère de l’Ecologie comptent aussi contester une des conséquences de la mise en place du PPCR (protocole sur les carrières imposé par le gouvernement en septembre)

« Les encadrants se retrouvent sur la même grille indiciaire de catégorie C que les autres agents ! » indique Dominique Schirmer.

Pour qui il va s’agir aussi désormais « de négocier l’arrêt du projet de réforme de la réorganisation des rythmes de travail sur la semaine ».


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Valérie Forgeront

Journaliste à FO Hebdo

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