159 heures sup’ : mortel

Le chiffre de la semaine par Michel Pourcelot, journaliste L’inFO militante

En un seul mois, une salariée japonaise avait effectué 159 heures supplémentaires avant de décéder d’un arrêt cardiaque, n’ayant pris que deux jours de repos dans le mois précédant sa mort. L’affaire n’a été révélée qu’en octobre 2017, quatre ans après, les parents ayant enfin réussi à faire céder l’entreprise, qui n’était à l’aise sur le sujet, vu qu’elle avait plusieurs fois pris publiquement position contre le présentéisme et le « karoshi », c’est-à-dire littéralement mort de trop de travail, reconnu maladie professionnelle au Japon. Bien que l’on parle de ce problème depuis les années 80, le pays compterait une centaine de cas par an, sans compter les AVC et crises cardiaques.

Champion du monde

Déjà en 2004, un employé de restauration était tombé dans un coma végétatif après deux cents heures supplémentaires en un mois. En 2014, une entreprise était condamnée à verser une forte somme à la famille d’un salarié extrême qui s’était suicidé après 190 heures supplémentaires par mois pendant sept mois. L’affaire avait quelque peu réveillé les consciences et le gouvernement avait fait mener une étude rendue en 2015. Elle constatait qu’un Japonais sur cinq risquait de mourir d’un surmenage au travail et que dans plus de 20% des entreprises étudiées, des salariés effectuaient plus de 80 heures supplémentaires par mois, un nombre au delà duquel une mort par surmenage est susceptible d’intervenir. Le problème persiste cependant : en décembre 2015, une employée de 24 ans, travaillant à la promotion des Jeux Olympiques de Tokyo de 2020, s’est suicidée après quelque 100 heures supplémentaires en un mois. Elle n’en avait comptabilisé que 70 sous la pression de son employeur. Le Japon reste le champion du monde du burn-out. Triste performance.

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