2023 n’y change rien, le monde syndical est toujours attaqué !

International par Branislav Rugani, Secteur Europe - International

© Marta NASCIMENTO/REA

Nombreux sont les pays où le droit fondamental à créer un syndicat est réprimé, nombreux sont les pays où les dirigeants syndicaux sont obligés de se cacher ou de fuir, et nombreux sont les pays où les responsables syndicaux sont tout simplement condamnés à l’emprisonnement. Voici les cas les plus récents.

Courant 2022, plusieurs procès antisyndicaux ont suivi leur cours au Bélarus, ciblant des syndicats indépendants du pays et notamment le BKDP qui est le plus connu. Le gouvernement, pour légitimer son action, les qualifie d’organisations extrémistes et cherche désormais à mettre un terme à leurs activités en incriminant pas moins de onze dirigeants syndicaux. Ils sont détenus dans des conditions déplorables. FO avec la CSI ainsi que l’OIT sont intervenues à plusieurs reprises. Pour FO, il est désormais temps d’appliquer l’article 33 de la Constitution de l’OIT pour assurer l’exécution des recommandations d’une commission d’enquête mise en place à ce sujet. Il s’agit de la plus haute forme d’incitation à agir possible au sein de l’OIT. C’est la Conférence internationale du Travail de juin 2023 qui prendra cette décision. FO y sera favorable et l’appuiera.

Concernant le Venezuela, le Bureau de l’OIT a pu présenter en décembre 2022 un résumé des commentaires adopté par la Commission (CEACR), qui a constaté à maintes reprises la violation de la Convention 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical. Le gouvernement vénézuélien a, depuis 2017, procédé à la détention arbitraire de syndicalistes et de dirigeants syndicaux, ce qui a occasionné de nombreuses plaintes devant le Comité de la liberté syndicale.

Le 1er février 2022 a marqué le second anniversaire du coup d’État militaire perpétué au Myanmar, qui a tué 3 000 citoyens. Cette répression brutale de l’armée a conduit au massacre ou à la détention arbitraire de plusieurs dirigeants syndicaux. Force Ouvrière, aux côtés de la CSI, souligne le rôle des entreprises multinationales qui continuent à entretenir des échanges commerciaux avec ce gouvernement, notamment par le biais de leur chaîne d’approvisionnement alimentant l’industrie nationale de l’armement.

Concernant la Tunisie, la contestation sociale contre la crise du coût de la vie et contre la vague de privatisations prônées par le FMI continue à gronder. FO, aux cotés des syndicats tunisiens en France et de la CSI, a dénoncé les atteintes répétées aux droits syndicaux et les entraves à la solidarité syndicale européenne et internationale, qui se sont notamment manifestées par l’expulsion de la secrétaire générale de la CES de Tunisie et le blocage de la délégation syndicale internationale menée par le secrétaire général par intérim de la CSI au cours de ce mois de mars.

Au-delà de la dégradation de la situation syndicale dans plusieurs parties du monde, l’Europe n’y échappe pas, comme le révèle l’Indice CSI des droits dans le monde, avec près de 72 % des pays d’Europe ayant violé le droit de grève en 2022. À titre d’exemple, le syndicat belge FGTB continue sa contestation devant la Cour européenne des Droits de l’Homme de la condamnation par la justice belge à de la prison avec sursis pour dix-sept syndicalistes belges, dont le secrétaire général actuel de la FGTB, Thierry Bodson, qui ont seulement participé à une manifestation sur la voie publique.

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