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7 mars : La mobilisation en marche

, Françoise Lambert

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À Montaigu, 95 (sur 150) agents des Éhpad étaient en grève et ont manifesté dans la rue le 9 février contre les restrictions budgétaires.

Depuis la mobilisation nationale de la santé, de l’action sociale et de la Sécurité sociale le 8 novembre 2016 – et avant celle du 7 mars prochain – de nombreuses actions ont lieu un peu partout en France. Dans les hôpitaux de Marseille (AP-HM), les agents continuent de combattre les plans d’économies que la direction tente d’imposer.

Un préavis de grève de deux mois a été déposé le 7 février. Une journée de grève et des débrayages ont eu lieu, avec des actions telles que le blocage des admissions, à l’appel de FO, de la CGT et de la CNI.

À l’autre bout de la France, au CHU de Besançon, FO et SUD ont gagné une première manche au sein du service de gériatrie. Après onze jours de grève, les personnels ont obtenu le remplacement des arrêts maladie et un renfort en effectifs.

Les établissements de taille plus modeste ne sont pas épargnés. Dans la Vienne, FO est mobilisée contre la suppression de 30 postes, la fermeture de 22 lits et la fermeture la nuit du SMUR de Loudun, au sein du centre hospitalier Nord -Vienne, qui regroupe les sites de Châtellerault et Loudun. À Orange, FO a manifesté le 27 janvier contre 25 suppressions de postes visant aides-soignantes, infirmiers, sages-femmes et administratifs du centre hospitalier.

Les médecins aussi sur le pont

Dans le secteur psychiatrique, au Vinatier, qui emploie 2 800 agents dans le Lyonnais, les personnels étaient en grève les 30 janvier et 6 février, notamment contre la fermeture d’une unité de 25 lits et contre une menace sur environ 80 postes. Fait plus rare, les médecins sont aussi sur le pont.

Dans un appel signé par 166 psychiatres et médecins, ils alertent sur une dégradation de la prise en charge des patients. Ils dénoncent des coupes réglées qui impactent leurs pratiques et leurs convictions. L’hôpital ne peut pas être considéré comme une entreprise et n’a pas vocation à être rentable. Une médecine publique de qualité est un choix de société, un investissement pour lequel une société engage les moyens nécessaires, écrivent-ils.

Le manque de moyens se fait aussi cruel dans les soins aux personnes âgées dépendantes. Dans les Pyrénées-Orientales, l’UD FO a adressé une lettre ouverte à la présidente du conseil départemental pour l’alerter sur la situation dramatique de l’aide à domicile et des maisons de retraite. À Montaigu (Vendée), 95 des 150 agents des Éhpad étaient en grève et dans la rue le 9 février, contre les restrictions budgétaires.

Disparité de traitement à Colmar

Le service public territorial est aussi touché de plein fouet par les réductions de dotations et par une réforme territoriale entraînant restructurations et atteintes au statut des agents. Aulnay-sous-Bois doit ainsi faire face à la dissolution de son service des fêtes et à l’externalisation du gardiennage. À Colmar, c’est contre une disparité de traitement dans les collèges entre agents techniques que les personnels ont fait grève le 6 février. Le même jour, les personnels du département de l’Ain protestaient contre un projet de privatisation des services techniques dans trois collèges. La mobilisation du 7 mars permettra de fédérer les mécontentements et de lancer un avertissement aux futurs gouvernants.

 

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Françoise Lambert

Journaliste FO Hebdo - Santé - Retraite

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Éphéméride

22 octobre 1925

Mort d’Alphonse Merrheim
Article de Théodore Beregi paru dans Force Ouvrière n°87, daté du 28 août 1947. La classe ouvrière a donné des hommes qui se sont distingués par leur intelligence, leur intrépidité et leur volonté. Ces pionniers ont modifié la condition de vie des travailleurs par l’organisation de leurs forces (...)

Article de Théodore Beregi paru dans Force Ouvrière n°87, daté du 28 août 1947. 

La classe ouvrière a donné des hommes qui se sont distingués par leur intelligence, leur intrépidité et leur volonté. Ces pionniers ont modifié la condition de vie des travailleurs par l’organisation de leurs forces dispersées et en leur donnant une éducation syndicale et culturelle, Alphonse Merrhein, qui incarnait leurs aspirations, fut un de leurs guides. 

Sa vie et son activité sont inséparables de la destinée du prolétariat. Par ses qualités personnelles, Merrhein a apporté une importante contribution au développement du mouvement syndicaliste et dans l’histoire son nom est évoqué avec respect et gratitude. 

Il débuta très jeune dans la vie militante. Chaudronnier de son métier, à vingt ans il crée le syndicat de cette corporation et devient secrétaire de la Bourse du Travail à Roubaix. Très vite il se distingua par sa conscience syndicale, son ardeur et son esprit d’organisateur. Pendant quatorze ans, il se consacra au syndicalisme régional. Grâce à lui le mouvement syndicaliste du Nord fut plus fort et plus agissant.

Sa première œuvre, résultat des ses efforts, fut la fusion de la Fédération du cuivre avec celle de la Métallurgie qui constitue, en effet, une des plus belles activités de sa vie.

En 1904, devenu secrétaire de la Fédération des Métaux, Merrhein, pour servir les intérêts de la classe ouvrière, les éclairer et les guider dans leurs luttes revendicatives, publie en 1908 un essai critique sur la Métallurgie et l’organisation patronale : « Agir, dit-il, c’est vivre. Vivre, c’est lutter. Pour lutter il faut étudier et connaître les forces de l’adversaire. Cela est vrai surtout pour l’ouvrier s’il veut maintenir et augmenter son salaire, diminuer ses heures de travail. »

Ces quelques lignes démontrent à quel point Merrhein se souciait du sort des travailleurs. Il voulait rendre meilleure leur vie par des conditions matérielles plus justes et plus élevées qui leur permettraient de vivre plus dignement. 

Merrhein était aussi un pacifiste. En 1911, prévoyant le conflit mondial, il préconisa les rapports de plus en plus étroits entre les sections syndicales internationales en pensant que l’unité des travailleurs pouvait empêcher la conflagration universelle. Et lorsque la guerre éclata son humanisme pacifique ne se démentit pas. Il condamna vigoureusement la guerre avec la sincérité qui le caractérisait. Son premier soin fut de sauvegarder l’indépendance de la CGT, mais la crise apparut dans le mouvement syndicaliste, il eut cependant le courage de défendre ses opinions, ses convictions et de prendre sa responsabilité. 

En dépit des critiques véhémentes, il manifesta son opposition contre la guerre. Il écouta son cœur et sa raison et, sans égard pour lui, il mena, durant toute la guerre, une lutte acharnée pour la paix. 

Certes, la crise du syndicalisme l’avait profondément affecté, mais il ne modifia pas ses principes et ne renonça pas à son pacifisme. 

En 1917, au cours de la conférence de Clermont-Ferrand, il renouvela le principe de l’unité d’action. Et c’est au moment où la crise divise le mouvement syndicaliste que Merrhein pense de plus en plus à la reconstitution de l’unité ouvrière, dernier espoir pour la paix pour laquelle il a mené une activité enthousiaste. Bien que ses efforts pacifiques étaient jugés illusoires, il resta persuadé de l’utilité de son œuvre.

C’est au lendemain de la guerre que la classe ouvrière retrouve son unité temporaire, mais quelques années plus tard, les divergences d’idées et de méthode aboutirent à la scission du mouvement syndicaliste. Ce fut la dernière étape de sa vie militante. Malgré ces douloureux événements, il resta attaché indéfectiblement à sa foi syndicaliste. 

C’est de la révolution économique qui devait transformer le milieu social qu’il espérait le bien-être pour les travailleurs. 

Merrhein a donné quarante années de sa vie au syndicalisme français. Son mérite c’est d’avoir organisé des ouvriers sur des bases syndicales, enrayé la première crise en 1909 et lutté courageusement pour la paix, d’avoir travaillé pour une meilleure condition matérielle et sociale du prolétariat. 

Voilà la signification d’Alphonse Merrhein dans l’histoire du mouvement ouvrier. 

C’est pour servir la collectivité qu’il se perfectionna constamment et pour enrichir son savoir. 

Sensible, honnête et énergique, il est un magnifique exemple de persévérance et de foi syndicaliste.