Plan social

90 % des magasins Ex-Dia seront fermés

, Nadia Djabali

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Magasin du groupe Carrefour, Carrefour Contact, ancien magasin Dia, fermeture programmée faute de repreneur. © Pascal SITTLER/REA

La procédure du plan social continue chez Carrefour, les IRP ont été consultées et fin juin, la Direccte validera ou non le PSE. FO se bat pour que les salariés des magasins de proximité (Carrefour Contact, Carrefour Contact Marché et Carrefour City) restent dans le groupe.

56 magasins dans la zone Nord, 38 dans la zone Nord-Ouest, 25 dans le Centre-Ouest, 21 à Paris, 59 dans le Rhin-Rhône et 44 dans le Sud. En tout 243 des 272 magasins Ex-Dia seront fermés. Reste à savoir quel sort sera réservé aux plus de 2 100 salariés de ces magasins qui s’appellent aujourd’hui Carrefour Contact, Carrefour Contact Marché et Carrefour City. 195 d’entre eux se répartiront chez les 29 repreneurs validés par la direction du géant de la grande distribution.

Pour ceux dont les magasins n’ont pas trouvé de repreneurs, 96 salariés sur les 336 ayant demandé un reclassement, ont trouvé un nouveau poste au sein du groupe. Nombreux sont ceux qui préfèrent partir pour se reconvertir dans un nouveau métier. On a subi tellement de cataclysme chez ED puis chez Dia qu’on peut comprendre que les salariés veuillent quitter la grande distribution, analyse Cyril Boulay, le délégué FO Carrefour proximité qui ajoute qu’aujourd’hui l’une des principales revendications de la FGTA-FO demeure de donner la possibilité aux salariés de rester dans l’entreprise.

Les location-gérances et les franchises gagnent du terrain

Un des repreneurs validés par la direction du groupe, l’enseigne Turque Marka Market, inquiète les délégués syndicaux. Cette enseigne devrait acquérir cinq magasins, la plupart situés dans la région Centre Ouest. Or FO craint la répétition d’un épisode Gastt.

Lorsqu’en 2016, Carrefour avait cédé huit magasins Dia à Gastt, une cinquantaine de salariés n’ont pas touché de salaire pendant plusieurs mois et les magasins sont restés fermés jusqu’à la liquidation judiciaire du repreneur indélicat. FO avait alors obtenu que les salariés réintègrent le groupe Carrefour.

Aujourd’hui, l’inquiétude est encore grande car les magasins en location gérance et en franchise gagnent du terrain au détriment des magasins gérés en interne par le groupe de la grande distribution. La direction a décidé de passer 77 magasins en location-gérance. Les délégués FO lui ont demandé qu’elle donne la possibilité à chacun des salariés de pouvoir postuler en interne s’ils ne souhaitent pas être transférés dans ce modèle économique et social. Ils ont commencé par les magasins de proximité et cela continuera vers les supermarchés et les hypermarchés. Et cela remettra en cause la meilleure convention collective de l’agroalimentaire, tempête le délégué FO.

La part variable de l’ex-P-DG

C’est dans ce contexte morose que la presse a révélé que le conseil d’administration de Carrefour a décidé de verser à l’ancien P-DG de Carrefour une somme plus que coquette. Georges Plassat, qui a dirigé le groupe entre 2012 et 2017, s’est vu octroyer une part variable de 896 593 euros, au titre des bons résultats de l’année 2017. Cette somme doit néanmoins être validée par l’assemblée générale des actionnaires du 15 juin 2018. En juillet 2017, lors de son départ, il a touché 16 millions d’euros. En outre, Carrefour lui verse une retraite à vie de 517 810 euros par an.

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