Des dépenses d’investissement en baisse

Collectivités locales par Valérie Forgeront, journaliste L’inFO militante

Les collectivités locales sont encore à l’origine de 71% de l’investissement public sur le territoire. En 2012, l’investissement pesait en effet 68,2 milliards d’euros dans les dépenses totales (210 milliards hors remboursement d’emprunts, soit une hausse de 2,8% par rapport à 2011). Ce sont les communes et les intercommunalités qui entreprennent toujours la majorité des investissements, suivies par les dépar­tements et par les Régions. Les départements ont toutefois réduit leurs dépenses d’investissement en 2013 et les Régions les ont stabilisées, aux alentours de 10 milliards. En novembre dernier, le Conseil économique, social et environnemental, le CESE, mettait ce dernier chiffre en perspective. « Les investissements de l’ensemble des conseils régionaux équivalent à ceux de tous les ministères réunis du côté de l’État. » Si l’ensemble des collectivités assure donc toujours près des trois quarts des investissements, les difficultés financières se sont fait sentir. En mars dernier, les économistes de l’agence de notation Standard & Poor’s constataient que le niveau d’investissement des collectivités avait baissé de 6% en 2013. Les collectivités ont d’ailleurs emprunté 16 milliards en 2013, soit deux milliards de moins qu’en 2012. Si la progression de l’endettement des collectivités reste assez stable, elle « masque une pression croissante sur les finances locales », analyse l’agence.

Moins de capacités d’épargne

Cette pression provient notamment d’une croissance des recettes inférieure à 1%, « soit la moitié de la hausse annuelle moyenne estimée au cours des deux dernières années (+1,8%), qui représentait elle-même la moitié de celle constatée au cours de la période 2008-2011 (+3,6%) ». Cette faible progression des recettes est globalement due à la baisse des dotations de l’État, à une limitation de la hausse des impôts locaux et à un affaiblissement des recettes fiscales en provenance des entreprises. Cela a des conséquences : le niveau de l’épargne brute (solde entre recettes et dépenses) des collectivités diminuerait cette année à 14,5% des recettes courantes contre 16,1% en 2013, traduction des difficultés croissantes à se désendetter ou encore à autofinancer les investissements. La Cour des comptes confirme cette tendance, notant que l’épargne brute a déjà diminué de 5% entre 2011 et 2012. Elle propose une solution pour le moins bien éloignée de la philosophie de la décentralisation... « l’État pourrait encourager la recherche d’une meilleure efficience de l’investissement local en favorisant le recentrage des dépenses sur les actions prioritaires ».

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