Les mesures d’austérité à l’encontre des retraités et des salariés doivent être mises hors-la-loi

Paris, le 11 avril 2014

, Union Confédérale des Retraités-FO

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Le Comité exécutif de l’UCR-FO s’est réuni le 11 avril 2014, au siège de la Confédération, quelques jours après la date à laquelle aurait dû être donné le coup d’envoi du projet de loi sur le vieillissement. Le volet axé sur la prévention et le maintien à domicile des personnes âgées aurait dû en effet être présenté en conseil des ministres le 9 avril pour une discussion au Parlement à partir du mois de juin, dans la perspective d’une adoption avant la fin de l’année et d’une entrée en vigueur le 1er janvier 2015.

Cette situation n’est pas sans rappeler les nombreux atermoiements sur ce dossier depuis plus de dix ans. Elle n’est pas rassurante pour les 16 millions de retraités car elle traduit le manque de volonté des pouvoirs publics de prendre en compte leurs besoins et de préparer leur avenir.

REJET DU « PACTE DE RESPONSABILITE » NON A LA DESTRUCTION DE LA SECURITE SOCIALE ET DE LA PROTECTION SOCIALE COLLECTIVE

• L’UCR-FO réaffirme son opposition au Traité de Stabilité, de Coordination et de Gouvernance (TSCG), au Mécanisme Européen de Stabilité (MES) et aux politiques qui en découlent. L’érosion des droits et garanties en matière de retraite et de protection sociale, la détérioration du pouvoir d’achat des retraites et des pensions, la casse des services publics sont dans le droit fil des politiques d’austérité qui se succèdent dans le seul but de satisfaire les instances européennes, rassurer les marchés financiers et les agences de notation par la stricte application du pacte budgétaire européen.

Au plan national, l’UCR-FO n’accepte pas le "pacte de responsabilité" et son volet social dit "pacte de solidarité" préconisé par le Président de la République qui se traduit par 50 milliards de réduction des dépenses publiques et sociales, alors que dans le même temps est maintenu le dispositif de crédit d’impôt (CICE) de 20 milliards d’euros et sont accélérées les exonérations de cotisations sociales bénéficiant aux entreprises (de 30 à 45 milliards).

Les retraités comme les actifs s’opposent aux remises en cause qui se profilent en matière de Sécurité sociale et de "stratégie nationale de santé" qui constituent l’un des piliers de ce « pacte », lequel s’avère plutôt être un "certificat de complaisance" délivré au Medef. Certaines propositions du Conseil d’Analyse Economique (CAE) sur une « Refondation de l’assurance maladie » inquiètent vivement l’UCR-FO. Elle condamne l’idée avancée de mettre un terme aux conditions actuelles d’accès aux soins basé sur le double système Sécurité sociale/complémentaires santé, notamment en régionalisant l’assurance maladie et en confiant le pilotage de l’offre de soins aux Agences Régionales de Santé (ARS). L’UCR-FO rejette les propositions de mise en place d’une franchise annuelle, d’un paiement en fonction des revenus des malades ainsi qu’à un plafonnement de la couverture par les organismes complémentaires.

L’UCR-FO réaffirme son attachement à la Sécurité sociale, solidaire et égalitaire, basée sur un financement assuré par des cotisations sociales. Elle condamne l’annonce gouvernementale « d’une baisse des cotisations payées par les salariés » au prétexte d’agir sur le « pouvoir d’achat des salariés ».

Une telle baisse du salaire différé affecterait en priorité le financement de l’assurance vieillesse et remettrait en cause le caractère contributif du système de retraite par répartition.

• Les retraités de l’UCR-FO refusent l’austérité qui ne règle pas les problèmes économiques, sociaux ou financiers. L’austérité ne favorise ni les créations d’emplois, ni la protection sociale des salariés et des retraités, ni l’évolution de leur pouvoir d’achat.

L’UCR-FO considère que les mesures d’austérité à l’encontre des retraités et des salariés doivent être mises hors-la-loi.

DEFENDRE LE POUVOIR D’ACHAT DES RETRAITES ET DES PENSIONS

• L’UCR-FO s’insurge contre l’image fallacieuse de "nantis" trop souvent accolée aux retraités. La réalité est toute autre. Les discriminations liées à l’âge sévissent dans de nombreux domaines comme l’accès aux soins de santé, les coûts des couvertures complémentaires santé (de plus en plus élevés avec l’âge qui contraignent de nombreux retraités à souscrire des garanties insuffisantes ou à renoncer à une couverture complémentaire) ou en matière d’accès au logement…

Le pouvoir d’achat des retraités ne cesse de se dégrader. De "réformes″ en "réformes″, de lois en lois, les mesures mises en œuvre en matière de retraite se traduisent par une dégradation continue du pouvoir d’achat des retraites et des pensions. L’exercice 2014 ne fait pas exception à la règle. L’illustration en est fournie par l’accumulation de mesures diverses et financièrement pénalisantes qui, cette année encore, constituent une attaque frontale sur le pouvoir d’achat de tous les retraités :

En 2014, les retraites et les pensions de réversion des régimes de base et des régimes alignés ne seront plus revalorisées au 1er avril de chaque année pour suivre l’évolution des salaires comme le prévoyait la loi jusqu’aux décrets Balladur, puis pour compenser l’inflation. Le principe du gel des pensions pendant 6 mois supplémentaires jusqu’au 1er octobre prochain (soit 18 mois sans revalorisation), résulte de la réforme des retraites du 20 janvier 2014 que FO a vivement combattue.

Désormais, chaque année, les retraités des régimes de base subissent une "perte de revalorisation" de 6 mois. Une rapide estimation montre qu’un retraité qui perçoit une retraite de base de 1 000 € par mois, perdra 60 € entre avril et octobre 2014 dans l’hypothèse d’une revalorisation de 1 % au 1er octobre 2014 (une perte doublée par rapport à une même revalorisation qui serait intervenue en janvier 2014). Avec ce report de 6 mois, c’est au total en 2014, 800 millions d’euros subtilisés directement aux retraités, montant qui atteindra 2,7 milliards d’euros en 2020, s’il n’y a pas de rattrapage.

A cela s’ajoutent encore diverses mesures pénalisantes : la fiscalisation des majorations de pensions accordées aux retraités qui ont élevé trois enfants ou plus ; la Contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (CASA) de 0,3 % acquittée depuis le 1er avril 2013 par les retraités imposables pour financer le coût de la prise en charge de la perte d’autonomie dont le produit a été détourné de son objet en 2013 et 2014 ; la suppression de la demi-part supplémentaire pour les parents isolés, veufs ou veuves n’ayant pas élevé seuls leurs enfants ; le blocage des seuils d’imposition ; le durcissement de l’accès au soin de santé du fait des désengagements de la Sécurité sociale et de l’accroissement des coûts des complémentaires santé ; l’augmentation des loyers, des tarifs des maisons de retraite, des Ehpad, la hausse générale de l’ensemble des dépenses dites "contraintes" (chauffage, eau, électricité, gaz, assurance, téléphone, taxe d’habitation, transport, nourriture…).

L’augmentation des retraites et des pensions est une revendication majeure de l’UCR-FO et de tous les retraités. S’agissant des droits à la retraite des assurés et de leurs ayants droit, le Comité exécutif revendique :

  • le retour à l’indexation annuelle au 1er janvier des retraites et des pensions ainsi que des droits à retraite en cours de constitution, sur l’évolution générale des salaires ;
  • un revenu minimum de retraite fixé à minima comme équivalent au Smic pour une carrière complète ;
  • le maintien et l’amélioration du droit aux pensions de réversion ; dans le Régime général, la suppression des conditions de ressources pour l’attribution ou la révision de la pension de réversion, le refus de la transformation de cette prestation en une allocation différentielle à caractère d’aide sociale.

LES PERSONNES AGEES EN PERTE D’AUTONOMIE NE DOIVENT PAS ETRE DES LAISSEES-POUR–COMPTE

• Souhaitant contribuer à améliorer collectivement les conditions de vie des retraités en perte d’autonomie, l’UCR-FO a participé aux nombreuses réunions des groupes de travail organisées depuis près d’un an. Elle est consciente que, même si projet de loi sur le vieillissement et la prise en charge de la perte d’autonomie comporte certaines avancées, la question centrale du financement reste néanmoins une pierre d’achoppement. En tout état de cause, l’UCR-FO sera attentive à ce que ce projet de loi ne reste pas un dossier laissé-pour-compte. Elle continuera à faire valoir ses revendications auprès des pouvoirs publics.

Il faut des droits pour tous, garantis et distincts des aides sociales, notamment : l’accès à des prestations et services appropriés et financièrement accessibles ; l’adaptation de l’habitat et la prise en charge des coûts inhérents ; l’augmentation des montants de l’APA, lesquels sont notoirement insuffisants ; la diminution des "restes à charge" des personnes à domicile ou en établissement, trop élevés au regard du niveau moyen des retraites ; la révision du mode de revalorisation du plan d’aide à domicile qui doit être indexé sur l’évolution des salaires du secteur et non pas sur la seule inflation, afin d’améliorer le volume des plans d’aide ; la suppression des disparités entre les départements dans les montants et les conditions d’accès aux aides et aux soins nécessaires…

Pour que l’allongement de la durée de vie reste un progrès social, pour que vieillir dans la dignité à son domicile ou en établissement notamment lorsque survient la perte d’autonomie soit un droit pour tous, l’UCR-FO revendique que la prise en charge globale pérenne et solidaire de la perte d’autonomie se fasse dans le cadre de la solidarité organisée par l’Assurance-maladie.


L’UCR-FO appelle l’ensemble des retraités et des structures de l’UCR-FO à se mobiliser y compris dans le cadre d’actions unitaires, avec ceux décidés à lutter :

  • CONTRE les conséquences dramatiques du "pacte de responsabilité" et de son volet social dit "pacte de solidarité" ;
  • POUR établir un véritable rapport de force permettant la satisfaction des revendications légitimes en matière d’amélioration de leur pouvoir d’achat et de défense de la protection sociale collective.

C’est la seule voie pour s’opposer efficacement à la politique de régression sociale et d’austérité conduite en application de la politique ultra libérale de la Commission de Bruxelles.

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