Le patronat veut toujours plus

Conférence sociale par Mathieu Lapprand

Le chœur des pleureuses patronales a poussé un long cri de douleur dans le Journal du Dimanche du 29 juin. Ces huit organisations, qui n’en auront jamais assez, réclament toujours plus de cadeaux de la part du gouvernement... et oublient leurs engagements.

Elles demandent tout d’abord d’« inclure de manière explicite et rapidement » dans la loi les promesses du pacte de responsabilité concernant la baisse de la fiscalité des entreprises et des cotisations sociales. Lors de sa conférence de presse du 14 janvier, François Hollande avait affirmé : « Ce qui compte, ce sont les contreparties. » Elles semblent aujourd’hui décidément bien loin.

LE PATRONAT OUBLIE SA SIGNATURE

Comme semblent bien loin la signature du Medef sur l’ANI de janvier 2013 et la réforme des retraites. Le patronat conteste maintenant l’abaissement de la durée minimale des temps partiels à 24 heures hebdomadaires et la prise en compte de la pénibilité.

Poursuivant sur leur lancée, les patrons exigent un « moratoire » sur tout texte renforçant la réglementation ou augmentant les contrôles. L’ancien ministre de l’Économie garantissant, lors de leur dernière université d’été, que l’utilisation du CICE ne ferait pas l’objet de contrôles fiscaux ne suffirait donc pas ?

Cerise sur le gâteau, ils exigent des « réformes structurelles » afin de baisser les dépenses publiques... omettant que concernant les dépenses, le chèque de 30 milliards d’euros du pacte de responsabilité, qu’ils touchent en cachant leurs scrupules, se pose là. Le problème du gouvernement est simple : les enfants gâtés finissent par ne plus apprécier la valeur des cadeaux qu’ils reçoivent.

Mathieu Lapprand Journaliste à L’inFO militante

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FO a également été entendue sur la nécessité d’aborder les droits associés au statut tels que : le maintien de la prévoyance obligatoire issue de l’accord du 14 mars 1947, le maintien de l’accès aux services de l’Apec, la mise en place d’une protection juridique pour les cadres engageant leur responsabilité pénale professionnelle, la consolidation des minima salariaux conventionnels, l’obligation d’une formation qualifiante pour exercer un rôle managérial, la possibilité de faire valoir une clause de conscience dans des conditions précises, l’encadrement des forfaits-jours.