Discours de Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de FO, lors des obsèques de Gérard Dossetto

Entre Militants par Jean-Claude Mailly

Gérard Dossetto au Congrès FO à Tours en février 2015.
(Photographie : F. Blanc / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0)

Chère Danièle, Monsieur Jean Claude Gaudin, Maire de Marseille, Monsieur Christian Estrosi, futur Président de la région, Madame Martine Vassal, Présidente du Conseil départemental, Mesdames, Messieurs, Mes chers camarades.

Permettez-moi de m’adresser devant vous à Gérard Dossetto.

Gérard, tu vas nous manquer. Tu nous quittes brutalement alors que tu avais encore plein de projets pour ton organisation syndicale, pour ta ville de Marseille et au-delà. Nous en discutions encore il y a quelques jours à Paris.

Tu étais de ceux, trop rares, à qui l’on pouvait demander conseil parce qu’on avait confiance et qu’on savait pouvoir s’appuyer sur ta sagesse, ton expérience et tes convictions.

Tu étais fidèle en amitié, fidèle à ton syndicat, fidèle à ta ville de Marseille que tu chérissais et que tu n’oubliais jamais, y compris dans tes interventions au niveau national.

Tu as su, avec tes camarades, porter haut les couleurs de Force Ouvrière dans cette ville, dans les Bouches-du-Rhône et au plan national. Sans renier jamais tes amitiés, tu as su à tout moment préserver la liberté de comportement et l’indépendance du syndicat auxquelles tu étais profondément attaché. Tu agissais en fonction de ce qui te semblait bon pour le syndicat, bon pour les salariés, bon pour ta ville.

Tu avais l’art, sans jamais t’énerver, de surmonter et régler les tensions en discutant avec chacun et en trouvant toujours le compromis nécessaire. Toutes et tous te respectaient parce que, tout en étant déterminé, tout en disant ce que tu pensais, tout en te comportant comme il le fallait, par l’action comme par la négociation, tu savais qu’il fallait toujours trouver une issue positive et aller de l’avant. En fait, tu étais respecté pour ce que tu étais.

Au plan national, tes interventions étaient toujours attendues et écoutées, y compris parfois, tes silences. Ton humour, avec l’accent, était apprécié.

Tu étais un grand homme, un grand militant de la classe ouvrière, républicain et humaniste. Tu étais ce que l’on peut appeler un pilier de Force Ouvrière.

Tes talents, tu les as exercées également dans la protection sociale collective et ses institutions où, là aussi, tu manqueras pour tes engagements, tes convictions, ta détermination et ta diplomatie.

Pour moi, tu étais plus qu’un camarade ; c’est encore un ami et un grand frère que je perds aujourd’hui.

Je pouvais compter sur toi comme tu pouvais compter sur moi.

A cet instant, je pense plus particulièrement à tes proches, à Danièle ton épouse et à ton fils dont tu étais fier.

Et je suis sûr d’une chose : les empreintes que tu as laissées ne s’effaceront jamais.

Salut Gérard, salut l’ami, salut le camarade.