Les travailleurs grecs ne se résignent pas

Face à la troïka par Evelyne Salamero

Alors que la Grèce poursuit sa politique d’austérité pour la cinquième année consécutive, une nouvelle grève générale a eu lieu le 9 avril, à l’appel de la confédération GSEE pour le secteur privé et de la fédération des fonctionnaires ADEDY. Loin de se résigner, les travailleurs grecs ont encore une fois manifesté par dizaines de milliers à Athènes et dans les principales villes du pays. « Non aux licenciements, non aux mesures d’austérité », pouvait-on lire sur la banderole en tête de manifestation dans la capitale.

Au même moment, le gouvernement grec annonçait triomphalement son retour sur les marchés financiers après quatre années d’absence. En clair, après avoir dû appliquer des plans d’austérité draconiens en échange d’emprunts auprès de l’Union européenne et du FMI, le pays, de nouveau considéré comme solvable, a regagné l’insigne privilège de... s’endetter auprès des investisseurs privés et de les engraisser en leur payant des taux d’intérêt d’environ 5%. Et l’austérité n’est pas terminée pour autant.

Licenciements et diminution des pensions de retraite

La Grèce s’est d’ores et déjà engagée auprès de l’Union européenne et du FMI à procéder au licenciement de 11 500 fonctionnaires d’ici à fin 2014, via la fusion ou la suppression pure et simple d’organismes publics. Ces licenciements viennent s’ajouter aux 3 500 déjà effectués en 2013, sans compter 20 000 mises en chômage partiel durant les années précédentes. Le gouvernement a également annoncé, le 9 avril, sa volonté de mettre en chantier la réforme constitutionnelle qui permettra d’en finir avec la garantie de l’emploi à laquelle ont droit les fonctionnaires.

Par ailleurs, le gouvernement de­vrait présenter une loi sur les retraites en octobre prochain, prévoyant un report de l’âge légal de cessation d’activité et une réduction des pensions.

Le FMI souhaite également imposer la suppression d’une partie des taxes qui financent le système de retraite, comme « l’Angeliosimo » qui s’applique aux publicités des entreprises dans les médias.

Evelyne Salamero Journaliste à L’inFO militante

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