Hôtesses et stewards

Air France condamnée pour inégalités territoriales

, Clarisse Josselin

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Rien ne distingue les hôtesses et stewards d’Air France basés en province de leurs homologues de Paris, et surtout pas leur implantation géographique. C’est pourquoi le tribunal de grande instance de Bobigny, saisi par plusieurs syndicats dont le SNPNC FO, a condamné, le 21 mars dernier, la compagnie aérienne à appliquer à cette catégorie de personnel les mêmes accords collectifs sur tout le territoire.

Jusqu’à présent, les six cents personnels navigants commerciaux (PNC) rattachés aux trois bases de Marseille, Nice et Toulouse se voyaient appliquer une note de la direction leur imposant de travailler plus que leurs collègues parisiens pour gagner moins.

TRAVAILLER PLUS POUR GAGNER MOINS

Ils devaient faire preuve de plus de flexibilité pour une rémunération en vol inférieure en moyenne de 10%. Le SNPNC FO et d’autres syndicats, jugeant cette décision « unilatérale » et « illégale », avaient saisi la justice en octobre 2011.

Ces bases de province avaient été créées en 2011 pour concurrencer les compagnies low cost. La baisse des coûts provenait du rattachement local d’appareils, de la domiciliation des personnels sur place, évitant ainsi perte de temps et frais d’hébergement, et d’une meilleure productivité.

Un arrêt de la cour d’appel de Paris avait condamné Air France sur la forme en octobre 2013. Depuis, la compagnie n’avait plus le droit d’appliquer sa note au personnel navigant de province. Mais c’est seulement depuis le jugement du 21 avril, sur le fond, que la compagnie aérienne est tenue de leur offrir un statut national. La direction d’Air France a prévenu qu’elle allait faire appel de ce jugement.