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La Confédération syndicale internationale veut « renforcer le pouvoir des travailleurs »

, Evelyne Salamero

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Plus de 1 500 syndicalistes venus de 161 pays et représentant 176 millions de travailleurs se réunissent à Berlin du 18 au 23 mai pour le congrès mondial de la CSI.

Trois cent vingt-cinq centrales syndicales nationales vont être représentées au congrès de la CSI, qui se tient tous les quatre ans. La délégation FO, conduite par Jean-Claude Mailly, sera composée de huit délégués : les secrétaires confédéraux Andrée Thomas et Yves Veyrier, respectivement chargés du secteur « Europe et international » et du secteur « presse, communication, OIT et système multilatéral (G8/G20) », les représentants des fédérations des Employés et Cadres et de la Métallurgie, Serge Legagnoa et Philippe Ribeiro, ainsi que trois assistants confédéraux, Cristelle Gillard, Marjorie Alexandre et Sébastien Dupuch.

« Renforcer le pouvoir des travailleurs », tel est le thème central de ce cru 2014, dans une situation encore marquée par la crise, avec, selon un sondage d’opinion mondial réalisé par la CSI [1], plus de 50% de la population mondiale touchée directement en tant que travailleur ou indirectement dans son milieu familial par le chômage, 71% qui a vu ses revenus stagner ou diminuer par rapport au coût de la vie et 75% qui a une protection sociale insuffisante, voire inexistante.

OBJECTIF : 20 MILLIONS DE NOUVEAUX MEMBRES EN 2018

Défendre des objectifs nationaux en matière d’emploi, faire campagne pour des investissements dans les infrastructures, la santé, l’économie verte ou encore des apprentissages de qualité, s’organiser pour réduire le travail précaire et formaliser le travail informel, qui représente près de 60% de la main-d’œuvre mondiale totale, défendre la liberté syndicale ainsi que la négociation collective face aux politiques du FMI et d’autres institutions internationales... La liste des tâches à accomplir s’annonce chargée et les délégués vont devoir réfléchir à la meilleure façon d’y parvenir, de façon à adopter un plan d’action qui constituera la base du programme de travail de la CSI pour les quatre prochaines années. Dans un tel contexte, le renforcement de l’organisation devient une priorité, avec pour objectif d’avoir 20 millions de nouveaux membres en 2018.

Les délégués débattront aussi des campagnes à mener auprès d’entreprises multinationales, notamment T-Mobile aux États-Unis et Deutsche Telekom en Allemagne, des plans d’action gouvernementaux visant à lutter contre les inégalités et comportant un salaire minimum vital et une protection sociale, de l’action climatique et des accords commerciaux. Des travailleurs présenteront leurs témoignages sur l’économie informelle et la discrimination, et des tables rondes seront organisées sur les droits des peuples autochtones et les travailleurs domestiques. Un nouvel index mondial des droits sera publié sur les pires pays pour les travailleurs, sur la base des violations enregistrées en 2013 et en 2014.

Voir en ligne : Confédération syndicale internationale - Site internet

Notes

[1En 2013, la CSI a interrogé des adultes en Afrique du Sud, en Allemagne, en Belgique, au Brésil, au Canada, en Chine, en Espagne, aux États-Unis, en France, en Inde, au Japon, au Royaume-Uni et en Russie. Elle indique que ses conclusions représentent les opinions de plus de 3,7 milliards d’individus, soit près de la moitié de la population mondiale selon les estimations des Nations unies.