La situation des personnels de la Sécu est révélatrice de l’austérité ambiante

Emploi et salaires par Jamel Azzouz

Calée par la confédération FO, la date de la mobilisation du 18 mars dernier n’avait pas été choisie par hasard. Elle s’inscrivait en toute logique dans la journée nationale de grève et de manifestation que l’ensemble des organisations syndicales des organismes sociaux avait lancée pour ce jour-là, pour dire stop à l’austérité récurrente depuis des années dans les caisses de la Sécurité sociale. Et que le pacte de responsabilité, au cœur du mouvement du 18 mars, ne ferait qu’accélérer.

CONVENTIONS COLLECTIVES MENACÉES

Les 150 000 personnels des caisses d’assurance-maladie (CNAMTS), retraites (CNAV), d’allocations familiales (CAF) et des URSSAF l’ont bien compris, au-delà de leurs revendications catégorielles. Ainsi, ce mardi, plus de 40% des personnels ont débrayé et environ 15 000 d’entre eux ont battu le pavé parisien pour rejeter une équation budgétaire suicidaire, ayant déjà conduit à supprimer plus de 13 000 postes sous les coups de butoir du non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux impulsés par la RGPP. Une équation absurde, sur laquelle le gouvernement actuel n’est pas revenu dans un service public aussi essentiel, explique Michel Rochette (FEC FO), puisque « l’on s’attend à ce qu’il fixe un nouveau budget de rigueur à toutes les branches de la Sécu pour les quatre ans à venir (2014-2017) ». Pas moins de 500 millions d’euros d’économies sur les coûts de gestion ont en effet déjà été actés pour 2014. Or, qui dit économie de gestion dit suppressions d’emplois en masse. D’ici à 2017, pas moins de 4 000 postes sont menacés rien que dans la branche maladie et environ 1 500 à l’URSSAF et à la CNAV. Qui dit économies dit aussi salaires bloqués, via le gel de la valeur du point. Depuis 2010, seules les augmentations individuelles sont autorisées par la tutelle. Laquelle, pour arriver à ses fins, pourrait bien dénoncer d’ici peu la convention collective, selon les informations de FO. En prévision d’une intersyndicale devant se dérouler le 20 mars, Michel Rochette estime que « pour être entendus, il faut préparer ensemble la grève générale des personnels de la Sécurité sociale ». Histoire de rappeler que, hier comme aujourd’hui, la Sécu vaut bien une grève.

Jamel Azzouz Journaliste

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