Le pacte de responsabilité, nouveau gadget libéral de l’Élysée

L’Éditorial de Jean-Claude Mailly par Jean-Claude Mailly

Article publié dans le Dossier Pacte de responsabilité

Le sociétal ne peut en aucun cas se substituer au social, leurs champs sont différents, les attentes tout autant.

Force est de constater aujourd’hui que les besoins sociaux sont importants et qu’ils appellent des réponses.

C’est vrai en matière de salaires, d’emploi, de Sécurité sociale ou de services publics républicains.

Céder (à tort ou à raison) sur le sociétal ne contribue pas à augmenter les salaires ou à créer des emplois, dans le privé comme dans le public !

En matière de décisions économiques et sociales, le nouveau gadget libéral de l’Élysée, c’est le « pacte de responsabilité ».

Et apparemment les pouvoirs publics veulent aller vite. Mais comme le dit l’adage populaire : « vite et bien, c’est l’affaire de deux ».

Pourtant, ils attendent des interlocuteurs sociaux qu’ils soient partenaires du gouvernement sur le pacte de responsabilité. C’est la fameuse question des contreparties dites sociales aux décisions déjà arrêtées en faveur des employeurs.

Une réunion devrait aussi avoir lieu avec les organisations patronales. Force Ouvrière ira pour dire ce qu’elle a à dire, mais il est hors de question d’engager l’organisation syndicale dans une démarche que nous contestons sur le fond comme sur la forme.

Si le gouvernement attend des éléments de réforme, nous lui enverrons notre cahier de revendications.

Force Ouvrière ne servira pas de supplétif en étant coorganisateur d’un pacte qui, au mieux, relève, sur le plan social, de la communication, au pire, d’un accompagnement d’une logique dangereuse.

Et le pire est toujours possible !

C’est aussi pour toutes ces raisons que nous devons activement préparer la grève et les manifestations et rassemblements du 18 mars.

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Pacte de responsabilité : marché de dupes et communication politicienne

Éditoriaux de FO par Jean-Claude Mailly

Comme annoncé, une réunion s’est tenue le 28 février entre les organisations syndicales et patronales concernant le fameux « pacte de responsabilité ». Force Ouvrière a rappelé les raisons de fond, de forme et de méthode pour lesquelles nous étions en désaccord avec le pacte. Les « engagements » dont on parle feraient sourire si le sujet n’était aussi sérieux.

Les promesses du patronat n’engagent que ceux qui les écoutent

Pacte de défiance par Mathieu Lapprand

« Nous avons salué le pacte de responsabilité que nous a servi le président de la République le 31 décembre et qui était inspiré, je ne le dis pas trop fort, du pacte de confiance que nous lui avons apporté sur un plateau », a affirmé M. Gattaz lors d’une intervention pour des vœux de nouvelle année.

Jean-Claude Mailly : « Le pacte de responsabilité n’est qu’un pacte de complaisance »

Éditoriaux de FO par Jean-Claude Mailly

Avant la journée d’actions que FO organise, mardi 18 mars, avec la CGT, la FSU et Solidaires, son Secrétaire général, Jean-Claude Mailly, explique sa stratégie. Il dénonce le pacte de responsabilité après avoir refusé de signer un relevé de conclusions sur les contreparties aux baisses de charges. Jeudi 13 mars, le bureau national de la CFDT a décidé à l’unanimité de ratifier ce texte signé par la CFTC et la CFE-CGC.
Propos recueillis par Michel Noblecourt