La lettre électronique @ ctualités Europe – International n°19

Les chiffres de l’immigration en France : une réalité loin des croyances !

, Andrée Thomas

Recommander cette page

Les idées reçues sur l’immigration en France ont la vie dure, notamment en ce qui concerne le nombre d’immigrés et les implications économiques de leur présence. On entend souvent dire que la France est un pays d’immigration massive, que la crise économique amène de plus en plus d’immigrés et que l’immigration contribue à accroitre les effets négatifs de la crise économique que nous traversons. Pourtant la réalité des chiffres dément largement cette idée reçue.

En effet, la France est l’un des pays les plus fermés de l’OCDE en terme migratoire, juste devant le Japon. La France délivre chaque année 200 000 titres de séjour environ, soit un niveau stable depuis plus de 10 ans. Et tandis que certains arrivent, d’autres quittent le territoire. En 2011, le « solde migratoire » - c’est-à-dire la différence entre les entrées et les sorties du territoire – s’est établi à 54 000 personnes. Toujours en 2011 le flux migratoire en France représentait 0,33 % de la population totale.

Au total, notre pays compte environ 5,5 millions d’immigrés (personne née étrangère à l’étranger). Ainsi, le flux de l’immigration permanente rapporté à la population totale est l’un des plus bas comparé à d’autres pays. En comparaison l’Allemagne, le Royaume Uni ou la Suisse ont des proportions beaucoup plus importantes (et des niveaux de chômage plus bas).

Récemment le Ministre de l’Intérieur en présentant sa politique d’immigration a corroboré ces chiffres précisant que « les flux migratoires français actuels sont modérés par rapport à ceux de nos voisins européens ». Il faut ainsi se garder des amalgames trop faciles et trop largement répandus, et faisant de l’immigré, de l’étranger, le « bouc-émissaire » d’une situation économique et sociale de plus en plus difficile.

Force ouvrière a rappelé à plusieurs reprises et notamment lors de son grand meeting du 29 janvier dernier qu’il ne faut pas se tromper de cible : il y a une urgence démocratique, en France et en Europe à combattre l’austérité afin aussi que ne germe pas sur le terrain de la misère et des crises économiques, le rejet de l’autre.