Les « dames pipi » doivent encore attendre jusqu’au 29 septembre

Emploi par Clarisse Josselin

Me Fiodor, avocat de FO, devant les « dames pipi ».
Clarisse Josselin / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0

Les prud’hommes de Paris ne rendront leur jugement que le 29 septembre dans l’affaire opposant les salariées des lavatories parisiens au nouveau prestataire, le groupe néerlandais 2theloo. Ces dames, sans revenus ni employeur depuis le 9 juillet, continuent le combat avec FO.

« Il faut encore attendre trois semaines, alors que le juge aurait pu prendre une décision aujourd’hui, s’exaspère Jean Hédou, secrétaire de la fédération FEETS-FO, à l’issue de l’audience de réexamen du dossier, le 8 septembre. Nous lançons un appel à la solidarité financière avec ces dames, sans salaire en juillet ni août, pour qu’elles puissent continuer à vivre. »

Depuis presque deux mois, les onze employées des sanitaires publics de la capitale manifestent pour sauver leur emploi suite à un changement de prestataire, avec le soutien de nombreux militants FO. Agées en moyenne d’une cinquantaine d’années, avec de 10 à 32 ans d’ancienneté, elles évoquent le loyer et les factures restées en souffrance, les fournitures de rentrée qu’elles ne peuvent pas payer.

La société Sarivo Point WC, filiale du groupe néerlandais 2theloo, qui a remporté le marché des toilettes publiques dans six lieux touristiques de la capitale, se défend d’appartenir à la convention collective de la propreté, qui prévoit dans ce cas la reprise automatique des salariés.

Les « dames pipi », dont six sont défendues par FO, ont saisi en référé le Conseil des prud’hommes pour retrouver leur poste de travail et obtenir le versement de leurs salaires et primes d’ancienneté des deux mois écoulés. À l’issue d’une première audience le 26 août, les conseillers avaient renvoyé l’affaire à un juge professionnel. Ce dernier s’est penché sur le dossier le 8 septembre.

Soutien de la mairie de Paris

Jean Hédou, secrétaire général de la Fédération de l’Equipement et des Transports FO, devant les militants venus soutenir les « dames pipi ».
Clarisse Josselin / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0

À la barre, l’avocat de la société Sarivo a mis en avant un « concept économique innovant » de toilettes publiques, avec l’exploitation d’une boutique de produits de luxe. « Nous ne proposons pas un service de nettoyage, mais un accès payant, à 1,5 ou 2 euros, aux toilettes les plus propres du monde », a-t-il lancé.

Pour l’avocat de FO Me Fiodor, il ne fait pourtant aucun doute, au vu des conventions signées, que « l’activité des lavatories se poursuit dans les mêmes conditions » qu’auparavant.

Quant à la Ville de Paris, qui a lancé l’appel d’offre, elle était citée pour la première fois à la barre. Et elle se déclare, selon son avocate, « favorable à la reprise des salariées » par Sarivo. Le jugement sera rendu le 29 septembre.

« C’est long, mais on y était préparées, explique Clémentine, l’une des plaignantes. Les dossiers de trois autres camarades soutenues par la CFDT seront examinés le 28 septembre, le juge veut peut-être rendre toutes ses décisions en même temps. Et nous avons maintenant le soutien officiel de la mairie, ça va dans le bon sens. Nous sommes fortes, et la victoire sera au bout. »

Pour FO, l’enjeu du conflit est aussi d’éviter toute jurisprudence qui remette en cause la garantie de l’emploi dans la convention collective de la propreté, qui couvre 490 000 salariés.

Clarisse Josselin Journaliste à L’inFO militante

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