Les puces RFID s’immiscent partout, même dans le corps humain

Technologie par Clarisse Josselin

La RFID, une technologie qui permet d’identifier et de récupérer des données à distance par radiofréquence, est en train de s’imposer dans notre quotidien. En forte progression dans la logistique et la grande distribution où elle pourrait à terme remplacer le code-barres, elle investit aussi de plus en plus la sphère privée.

On en trouve dans les cartes de transport, les passeports, les cartes bancaires, les étiquettes de bagages aériens, les vêtements, les livres des bibliothèques, les 95 000 arbres de la Ville de Paris… et même dans le cou des animaux de compagnie.

Inventée dans les années 1970 mais démocratisée seulement depuis les années 2000, la puce RFID envahit discrètement notre quotidien. Il s’en vend plusieurs milliards chaque année dans le monde. Le marché est évalué à 9,2 milliards de dollars en 2014, en hausse de 16,8% par rapport à 2013.

Cette technologie utilise la radiofréquence pour détecter et récupérer des informations à distance. Sa portée varie de quelques centimètres à plusieurs dizaines de mètres selon les modèles. La puce est associée à une petite antenne en aluminium qui lui permet d’être réveillée par les ondes radio lancées par le lecteur.

Cet ensemble, appelé tag et doté d’un identifiant unique, peut prendre la forme d’une étiquette adhésive collée sur une palette ou un produit. Il peut aussi être directement incorporé à un objet. Il existe également sous forme de capsule, de la taille d’un grain de riz, pour être implanté sous la peau, chez l’homme ou l’animal.

Un marché de 9,2 milliards de dollars

Le distributeur d’articles de sport Décathlon a été le premier à développer massivement la RFID au printemps 2014. Mais d’autres enseignes - comme Zara - sont en train de franchir le cap. Pour l’employeur les gains de productivité sont indéniables, tant dans la logistique que pour les inventaires qui se font presque en temps réel. Plus puissante, plus rapide et plus fiable, la RFID devrait à terme remplacer le code-barres. Seul son coût rebute encore les industriels : de 5 centimes à quelques euros la puce, selon les modèles.

Si l’implantation d’une puce faisant office de carte d’identité dès la naissance relève de la science-fiction, la RFID commence à être utilisée pour contrôler les individus. Certaines maternités utilisent des bracelets connectés pour éviter les tentatives d’enlèvement de nouveau-nés.

L’implant sous-cutané dans le triceps est autorisé aux États-Unis à des fins médicales. En Espagne, il permet de payer automatiquement ses consommations dans certaines discothèques. À Mexico, il aide à localiser les officiers de police en cas d’enlèvement… En France, le débat est ouvert sur la géolocalisation par RFID des malades d’Alzheimer.

La Commission européenne s’est penchée sur la question dès 2004. Elle a mis en place plusieurs normes techniques pour encadrer l’utilisation de cette technologie, afin de garantir le respect de la vie privée et la protection des données à caractère personnel.

Zoom : La révolution des objets connectés
L’Internet des objets (IoT en anglais) va révolutionner notre quotidien. En 2020, les chercheurs estiment qu’il y aura au moins 20 milliards d’objets capables de communiquer et de se connecter à Internet. Certains existent déjà, comme les lunettes Google. Mais dans le futur, les réfrigérateurs intelligents pourront détecter les produits manquants et commander vos courses directement. Toutefois, ils ne payeront pas à votre place !

Clarisse Josselin Journaliste à L’inFO militante

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Pascal Lopez, 57 ans, est délégué central chez Sanofi SAG, qui regroupe les fonctions support du géant pharmaceutique, et emploie 3 800 salariés. En juin 2017, il a dénoncé un système d’évaluation illégale des cadres. Depuis, l’équipe Ressources Humaines (RH) a été remplacée et les adhésions à FO ont triplé.