Les retraités de nouveau dans la rue le 8 octobre

Mobilisation par Evelyne Salamero

© E. Salamero

Ils sont visiblement en pleine forme et déterminés à se mobiliser autant qu’il le faudra pour que le gouvernement daigne enfin les entendre. Neuf organisations syndicales de retraités ont tenu une conférence de presse le 1er octobre au siège de la confédération FO pour annoncer qu’elles appelaient à une nouvelle mobilisation le 8 octobre prochain. A l’ordre du jour, le pouvoir d’achat des pensions et la création d’emplois à la hauteur des besoins dans les Ehpad et le secteur de l’aide à domicile.

Leurs précédentes actions, en 2018 et au premier semestre 2019, ont déjà conduit le gouvernement à quelques reculs. La hausse de la CSG a été annulée dès 2019 pour les retraités gagnant moins de 2 000 euros et cette mesure devrait être étendue à tous en 2020. Le gouvernement a également rétabli l’indexation des pensions sur l’indice des prix à la consommation, mais uniquement, là encore, pour les retraités percevant moins de 2 000 euros.

Pour autant, les neuf organisations syndicales de retraités (FO, CGT, CFTC, CGC, FSU, Solidaires, FGR-FP, UNRPA, LSR) considèrent que le gouvernement est encore loin du compte et ont annoncé ce 1er octobre une nouvelle mobilisation le 8 octobre prochain. Celle-ci comprendra une manifestation à Paris, au terme de laquelle les organisations espèrent pouvoir présenter leurs revendications au Premier ministre. D’autres initiatives (manifestations, rassemblements, conférences de presse, meetings…) seront aussi organisées un peu partout en province.

Pensez-vous que l’on soit riche avec 2 000 euros par mois ?

Pourquoi ? Pour commencer, les organisations de retraités dénoncent la volonté des pouvoirs publics de ne revaloriser en 2020 que les pensions inférieures à 2 000 euros.

A la question d’une journaliste n’avez-vous pas l’impression de défendre les plus riches puisque 77% des retraités gagnent moins de deux mille euros ?, Didier Hotte, secrétaire général adjoint de l’UCR-FO (Union confédérale des retraités) a répondu : Pensez-vous que l’on soit riche avec 2 000 euros par mois ? Parlons plutôt des moins défavorisés. Et nous connaissons bien l’histoire du curseur qui par définition peut toujours bouger. Les retraites sont un droit, dont le montant est calculé dans le système actuel, et nous espérons bien y rester, en fonction des annuités et des cotisations. Si l’on met un bémol à un droit, ce n’est plus un droit.

Le niveau moyen des retraites -environ 1 200 euros- et le fait que seulement 6% des retraités gagnent plus de 3 000 euros et 1% plus de 3 500 euros a également été rappelé. Tout comme la chute de plus en plus vertigineuse des revenus entre le salaire d’activité et la pension de retraite pour les cadres.

Les neuf organisations syndicales revendiquent donc aussi l’indexation de toutes les pensions, du public comme du privé, sur les salaires, et non plus sur les prix comme l’avait imposé la réforme de 1993. En toute logique, elles réclament le rattrapage du pouvoir d’achat perdu ces dernières années du fait de cette mesure.

Pour la création de 40 000 emplois dans les Ehpad et l’aide à domicile

Autre question cruciale : celles des emplois dans les Ehpad et dans le secteur de l’aide à domicile. Nous avons fait nôtre la revendication des salariés actifs du secteur sanitaire que 40 000 créations de postes soit budgétées dans le PLFSS 2020 (projet de loi de financement de la sécurité sociale, ndlr), a indiqué Didier Hotte, rappelant que dans ce secteur la situation n’est pas meilleure que dans les hôpitaux où la grève des urgences dure déjà depuis des mois.

Pour les neuf organisations syndicales de retraités, l’objectif est que les personnes en manque d’autonomie puissent être traitées dignement pendant leur fin de vie, sachant qu’on est très loin de ce qui est censé être la règle : un soignant pour un résidant.

Les neuf organisations s’adressent aux parlementaires et aux maires

Après leur campagne de cartes-pétition adressées au président de la République en juin dernier, et sans réponse de la ministre de la santé, Mme Buzyn, qu’ils ont pourtant sollicitée à plusieurs reprises, les neuf organisations ont décidé d’alerter cette fois les parlementaires qui devront se prononcer sur le contenu du PLFSS d’ici la fin de l’année.

De plus, lassées ou plutôt révoltées par le mépris affiché de certains hommes et femmes politiques, les organisations syndicales de retraités cherchent maintenant le soutien des élus locaux. Elles se sont ainsi adressées à l’association des Maires de France et à l’association des Maires Ruraux de France. Leur courrier rappelle notamment aux élus combien dans la mesure de leurs moyens et de leurs temps, les retraités constituent une part active de la population, intégrée dans la société et les structures locales de la République, à commencer par les communes, en siégeant dans les instances associatives, en participant aux conseils municipaux, voire même en assumant eux même parfois des fonctions de maire.

Après le 8 octobre

Les neuf organisations syndicales ont prévu de se réunir le 18 octobre prochain pour faire le point de la situation. De plus, un rassemblement de délégués départementaux aura lieu le 21 novembre à la bourse du travail à Paris. Pas de doute, le 8 octobre n’est qu’une étape.

Evelyne Salamero Journaliste à L’inFO militante - Rubrique internationale

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