Congrès d’UD

Les syndicats du département du Rhône sur tous les fronts

, Clarisse Josselin

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Le XXXe congrès de l’union départementale du Rhône s’est tenu le 18 septembre à Lyon, sous la présidence de Jean-Claude Mailly, avec 450 participants.

« C’était un congrès placé sous le signe de la République et de l’engagement, dans le public comme le privé, explique Pascal Lagrue, réélu pour un second mandat de secrétaire général à l’unanimité des congressistes. Nous sommes obligés d’être sur tous les fronts. D’ailleurs les douze membres du bureau viennent chacun d’un secteur d’activité différent. »

Dans les secteurs de la chimie et de la pharmacie, très développés dans la vallée du Rhône, FO est en progression. Les salariés se sont mobilisés ces dernières années, notamment chez Kem One ou Sanofi, qui a mis en œuvre plusieurs plans sociaux alors que le groupe gagne de l’argent.

FO progresse aussi dans le BTP, secteur en souffrance, et dans la métallurgie, particulièrement chez Renault Trucks où un conflit est en cours contre la suppression de près de 500 postes.

Dans le commerce, l’union départementale est en lutte contre la banalisation du travail du dimanche, notamment dans les gros centres commerciaux tel qu’à la gare de La Pardieu.

« Nous sommes aussi bien implantés dans la banque, l’assurance, la sécurité, le nettoyage ou les transports », ajoute Pascal Lagrue.

Cette vitalité syndicale est également forte dans le secteur public. « Beaucoup de jeunes adhèrent dans l’éducation nationale et dans la fonction publique hospitalière, se réjouit le secrétaire général. FO est numéro un dans la gériatrie et au Vinatier, le plus gros hôpital psychiatrique de France. »

Création de la Métropole de Lyon : FO demande des comptes

Dans le public, l’un des combats concerne la Métropole de Lyon, créée le 1er janvier 2015, et qui représente désormais la deuxième agglomération de France avec 1,3 million d’habitants. Cette collectivité territoriale, unique en France, fusionne la Communauté urbaine de Lyon et le conseil général du Rhône sur les 59 communes qui composent son territoire.

« Cette fusion concerne 8 700 agents, il y a un énorme transfert de compétences, mais sans négociations ni de vision d’avenir, dénonce Pascal Lagrue. FO est la seule organisation syndicale qui monte au créneau et demande des comptes. On veut savoir ce qu’il en est de la transformation des statuts, de l’emploi et de la mobilité, et on exige des contreparties. »

Dénonçant une « harmonisation par le bas », avec une dégradation des conditions de travail et la perte d’acquis sociaux, les agents se sont mis en grève en novembre 2014 et mars 2015.

Dans sa résolution, le Congrès « condamne la réforme territoriale » et « la territorialisation de la santé ». Il apporte son soutien à tous les syndicats des trois versants de la Fonction publique qui « sans relâche, combattent les mesures de restrictions budgétaires ».

Il « s’oppose avec force aux plans d’austérité ». Il dénonce les « économies réalisées sur le dos de tous les salariés du privé et du public » et la « politique d’abaissement du coût du travail qui profite avant tout aux actionnaires ». Il revendique le retrait du pacte de responsabilité et de la loi Macron qui détruit l’emploi et le contrat de travail.

Le congrès « condamne la volonté du gouvernement de réduire le droit syndical en fusionnant notamment les IRP dans le privé ». Pour créer et renforcer le rapport de force indispensable à l’action syndicale libre et indépendante, il « invite tous ses syndicats à intensifier la syndicalisation ».