La conférence sociale vire au fiasco

Monologue social

La troisième édition de la « Grande conférence sociale » a été marquée par l’absence de FO et de la CGT ; les discours du président de la République et du Premier ministre ne resteront pas dans les annales.

Dès le début, c’était mal parti. La semaine dernière, huit organisations patronales ont rédigé une tribune à l’adresse du gouvernement dans laquelle elles menaçaient de boycotter le rendez-vous s’il ne cédait pas devant leurs exigences. Sitôt dit, sitôt fait ; Manuel Valls accéda à leurs revendications dans une interview au journal Les Échos : « simplification du Code du travail », gel des seuils sociaux et report de la majeure partie de la prise en compte de la pénibilité pour le calcul de la durée de cotisation retraite redevenaient brusquement d’actualité.

« Négocier avec un pistolet sur la tempe »

Pour FO, cette annonce a été la goutte d’eau qui a fait déborder un vase déjà bien rempli par la politique d’austérité menée par le gouvernement. « Il ne s’agit pas uniquement de la pénibilité et du temps partiel, mais aussi du Code du travail, des seuils sociaux et d’une conception autoritaire du dialogue social », a déploré Jean-Claude Mailly. Et qualifiant la méthode du Premier ministre de « diktat », le Secrétaire général a indiqué refuser de « négocier avec un pistolet sur la tempe ».

Au final, que restera-t-il de ce millésime 2014 ? Pas grand-chose, si ce n’est l’étrange enthousiasme du gouvernement envers l’apprentissage, la tenue d’Assises pour l’investissement à l’automne –dont on se demande le rapport avec le social– et un plaidoyer du Premier ministre pour que le patronat soit prochainement associé au contenu des programmes scolaires.

Quant à l’annonce d’une prochaine négociation sur les chômeurs de longue durée, même les observateurs les plus aguerris avaient du mal à cacher leur perplexité en se demandant bien quel pouvait en être le champ et le contenu.

Toujours est-il que, en bonne logique, le Medef a trouvé le bilan de cette conférence sociale globalement positif. Un satisfecit qui tranche avec la première édition de la conférence sociale. À l’époque, le patronat s’était insurgé contre le discours du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, qui avait annoncé une future loi visant « à empêcher la pratique des rémunérations abusives, notamment par la participation des représentants des salariés au comité de rémunération ». Un projet qui n’a finalement jamais vu le jour.

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