Nouvelles augmentations de la facture EDF

Consommation par Evelyne Salamero

30%. C’est l’augmentation de la facture d’électricité prévue d’ici à 2017. C’est aussi l’augmentation déjà enregistrée depuis la transformation d’EDF en société anonyme en 2004, suivie de son entrée en Bourse en 2005.

Il faut s’attendre à une augmentation de la facture EDF dès cet automne. Plutôt deux fois qu’une. Régulièrement, le gouvernement, soucieux d’afficher de la bonne volonté en matière de pouvoir d’achat, modère en dernière minute, par décret, les augmentations programmées du tarif réglementé d’EDF, le tarif bleu. Chaque fois, l’ANODE (Association des fournisseurs alternatifs d’énergie), qui regroupe les concurrents privés des opérateurs historiques EDF et GDF (fusionné avec Suez), dépose un recours auprès du Conseil d’État (douze depuis 2007) qui ordonne un rattrapage. Dernier épisode en date : l’annulation du plafonnement de la hausse des tarifs réglementés de l’électricité, appliqué entre juillet 2012 et juillet 2013. Le rattrapage, prévu pour l’automne, sera de 25 à 30 euros au maximum -en moyenne-, indique le gouvernement qui négocie un étalement sur 18 mois avec EDF. Il s’ajoutera à une augmentation à l’origine programmée pour le 1er août dernier, mais finalement reportée à octobre, avec la promesse du Premier ministre qu’elle sera inférieure à 5%.

Le tarif bleu est fixé par les pouvoirs publics

Le tarif bleu est fixé par les pouvoirs publics sur proposition de la CRE (Commission de régulation de l’énergie). Il comprend le prix de l’abonnement, qui varie selon la puissance du compteur, et la consommation en kWh. Pas moins de 46 % de ce tarif couvrent les coûts d’exploitation, de développement et d’entretien des réseaux publics d’électricité. Un peu plus de 20 % de la facture couvre les coûts de production et les coûts commerciaux d’EDF. Enfin, 31 % de la facture correspond à diverses taxes. La contribution au service public de l’électricité (CSPE) finance le tarif de première nécessité accordé aux foyers à faibles revenus, le surcoût de la production électrique dans certaines zones (Corse et outre-mer), ainsi que les frais supplémentaires générés par le développement des énergies renouvelables (énergie éolienne, énergie photovoltaïque…). Il faut aussi ajouter les taxes payées aux communes (propriétaires des réseaux publics d’électricité), la contribution tarifaire d’acheminement (CTA), mais aussi la TVA.

Concurrence : Les ménages restent prudents
Seuls les opérateurs historiques peuvent proposer un tarif réglementé fixé par les pouvoirs publics. Le prix de marché est fixé librement par le fournisseur au gré des fluctuations du marché, comme son nom l’indique. 92 % des foyers français ont choisi le tarif réglementé.

Evelyne Salamero Journaliste à L’inFO militante

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