Plan social

SNCF : des départs volontaires qui cachent des suppressions d’emplois

, Evelyne Salamero

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La direction de la SNCF a beau clamer son innocence, le nouveau règlement sur les départs volontaires (RH 281) qu’elle a officiellement présenté le 13 mai au Comité central d’entreprise vise bel et bien à supprimer des milliers d’emplois, alertent les organisations syndicales. Des emplois au statut, souligne la fédération FO des cheminots, qui, avait dénoncé les intentions de la direction dès octobre 2013 à l’occasion de son congrès.

EN PRÉLUDE À LA RÉFORME FERROVIAIRE

Selon la direction, il ne s’agirait que d’une mise à jour d’un texte existant depuis 1954 qui définit les conditions d’accompagnement des départs volontaires des cheminots. Un véritable bouleversement en réalité, puisque tous les cheminots avec plus de quatre années seulement d’ancienneté, âgés de moins de 54 ans et demi et appartenant à des catégories d’emploi en « excédents d’effectifs » seraient désormais concernés.

« On est bien loin de classes d’âge pouvant laisser penser à un plan de retraite anticipée semblable à ceux qui ont déjà existé. Il s’agit d’un véritable plan social », condamne la fédération FO des cheminots. Un plan social qui « s’inscrit dans le cadre du projet de loi de réforme du système ferroviaire défendu par Monsieur Cuvillier, et dont le but est à la fois le démantèlement de la SNCF (la SNCF serait éclatée en trois entreprises distinctes –ndlr) et la destruction des droits sociaux de l’ensemble des cheminots », souligne-t-elle.

Déjà en décembre dernier, la SNCF avait annoncé la suppression de 1 432 emplois en 2014 ce qui porte à plus de 7 000 le nombre de postes supprimés depuis 2009. Jusqu’à présent le secteur le plus touché a été le fret, ouvert à la concurrence dès 2003, en vertu des directives de l’Union européenne.

Désormais, l’entreprise se prépare à l’ouverture à la concurrence du transport national de voyageurs prévue en 2019...