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FO secoue DHL Express France

, Jamel Azzouz

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Les salariés de DHL Express France ont cessé le travail en masse le 10 juin dernier, à l’appel de FO, premier syndicat de l’entreprise de livraison et d’expédition de colis à l’international. « Les 45 sites du territoire ont été touchés par la mobilisation, notamment ceux les plus importants en termes d’activité et d’effectifs (Île-de-France, Metz, Strasbourg, Rouen, Le Havre…) », souligne le secrétaire du comité central d’entreprise, Olivier Baire (FO). Ce qui a entraîné le blocage durant 24 heures de tout envoi de colis en France et à l’étranger. Le mouvement a été déclenché après la décision de la direction de fixer la prime de participation 2014 à 780 euros. « Soit le montant le plus faible depuis trois ans, précise FO, tout en sachant que la hausse salariale annuelle sera limitée à 60 euros alors que les profits n’ont jamais été aussi élevés. »

Le Casus belli de la prime de participation

En 2013, la filiale du groupe allemand Deutsche Post a en effet réalisé 450 millions d’euros de chiffre d’affaires et 90 millions d’euros de bénéfice net sur le sol français. Mais ce n’est pas ce résultat net qu’ont déclaré les dirigeants allemands au fisc français. Explication d’Olivier Baire : « À la faveur d’une optimisation financière et fiscale, les revenus de l’entreprise ont été relocalisés dans une holding du groupe afin d’en minimiser le résultat ». Un tour de passe-passe (légal) qui a permis à DHL Express France de ramener son profit net à 7 millions d’euros et de comprimer ainsi la réserve de participation servant au calcul de la prime décriée. « Et de lui éviter aussi le paiement de l’impôt 2013 sur les sociétés », ajoute FO. C’est d’autant plus inadmissible pour les 1 750 salariés de l’entreprise que celle-ci a reçu 1,7 million d’euros au titre du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE).