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Les salariés de TIM-Quaëdypre se mobilisent comme un seul homme contre la suppression de leurs primes

, Jamel Azzouz

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À Quaëdypre (Nord), l’usine de fabrication de cabines d’engins de chantier TIM vient de connaître un mouvement social d’une ampleur inédite. Les 27 et 28 mai derniers, cette filiale du groupe allemand Fritzmeier a en effet été confrontée à une grève suivie par 95% des salariés. Soit environ 300 personnes présents ces jours-là sur les 650 salariés travaillant sur le site. En trente-cinq ans, TIM n’avait connu jusque-là que deux conflits majeurs.

Environ 3 200 euros par an et par salarié

À l’orée des années 1980, quand les syndicats s’étaient battus pour maintenir le maximum d’emplois après un dépôt de bilan : 130 postes avaient alors été sauvés sur les 370 que comptait l’entreprise à l’époque. Et en 2000, date à laquelle les salariés s’étaient mobilisés pour arracher un des meilleurs accords sur les 35 heures de la région. « Mais ces mouvements n’ont jamais été autant suivis que les deux débrayages de trois heures que nous avons enclenchés fin mai pour nous opposer à la gestion catastrophique des relations sociales d’une direction fraîchement nommée », explique Jean-Jacques Gueguen, délégué syndical FO (première organisation de l’entreprise). Tout est parti d’une réunion sur les salaires où la direction a annoncé vouloir supprimer trois primes (assiduité, vacances et 13e mois), représentant aujourd’hui environ 3 200 euros par an et par salarié et près de 18% du revenu annuel des employés de l’usine payés autour du Smic. Son idée était de les remplacer par des primes de rentabilité. De quoi mettre le feu aux poudres, sachant qu’une remise en cause de l’accord de réduction de temps de travail était aussi envisagée. Mais c’était compter sans la détermination des salariés, qui a fait reculer la direction sur ses projets. « Avec en sus le paiement des heures de grève ! », se félicite FO.