Santé

Des relents de kérosène dans l’hôpital de Marseille

, Clarisse Josselin

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Il y a le bruit, les vibrations qui se répercutent sur les grilles VMC et les faux plafonds, et surtout l’odeur de kérosène, entêtante, qui envahit les quatre étages du tout nouveau bâtiment Timone 2 de l’hôpital de Marseille.

Les relents d’hydrocarbure s’immiscent dans le bloc de réanimation, dans le service de médecine cardio-vasculaire et même en radiologie, au rez-de-chaussée... En cause, l’héliport installé sur le toit de ce bâtiment, ouvert depuis novembre et utilisé pour l’instant à seulement un tiers de ses capacités.

À terme, cette réalisation de haute technologie, qui a coûté près de 300 millions d’euros, sera l’un des plus grands centres européens d’accueil des urgences et regroupera plateaux techniques et blocs opératoires.

Les hélicoptères du SAMU réalisent cinq rotations par jour, mais le rythme devrait augmenter avec l’installation des différents services. Les syndicats, dont FO, ont fait re­monter, en comité d’hygiène et de sécurité (CHSCT), les nombreuses plaintes des agents, dont certains souffrent de maux de tête.

MAUX DE TÊTE

Récemment, la direction a fait installer des filtres à charbon sur les prises d’air et a demandé un audit interne aux services techniques. « Les résultats ont été rendus fin mars, l’air ne semble pas toxique, explique Olivier Paviot, délégué FO à l’hôpital de la Timone. Les filtres ont un peu arrangé les choses, mais les odeurs perdurent et les personnels comme les malades sont inquiets. » La direction vient donc de commander une expertise plus poussée au cabinet Veritas. Le dossier sera encore à l’ordre du jour du prochain CHSCT le 28 avril.

Même les riverains se plaignent. « On verra les recommandations proposées par Veritas, mais d’après ce que j’ai compris, il n’y aurait pas assez d’espace entre les différents bâtiments pour permettre une bonne évacuation de l’air », ajoute Olivier Paviot.