Suicide d’un praticien hospitalier (PH) a Châteauroux

Communiqué du Syndicat National des Médecins Hospitaliers FO par Services publics et de Santé

Le SNMH FO a appris par la presse le suicide d’un médecin anesthésiste survenu à l’hôpital de Châteauroux.

Ce drame est survenu après une semaine de 78 heures de travail, à la fin d’une garde.

Il s’agissait d’une femme praticien hospitalier en anesthésie réanimation.

Avant même toute enquête, la ministre Marisol Touraine déclarait : « C’est une triste affaire mais, a priori, elle n’aurait aucun lien avec l’hôpital. Cette dame, d’origine roumaine, venait d’être titularisée, ce qui était plutôt une bonne nouvelle. En revanche, on croit savoir qu’elle se sentait loin de chez elle et qu’elle était mal dans sa peau. »

Suite à cette déclaration, les collègues ont réagi : « C’est une injure à sa mémoire. Elle met un point final à une tragédie qui mérite une enquête, plus qu’un simple jugement sur une femme qu’elle ne connaissait pas. »

La ministre « sait-elle qu’elle venait de terminer une semaine de 78 heures de travail ? », poursuit-il. « Sait-elle qu’il nous manquait, avant ce drame, deux anesthésistes ? Sait-elle que nous sommes tous éreintés ? Nous exerçons une profession difficile et exigeante. Simona était une excellente professionnelle. Elle se donnait à fond dans son travail, au détriment de son mari et de son fils de 6 ans. » Depuis, le ministère aurait présenté ses excuses au chef de service et le CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) a été saisi.

D’après le Quotidien du médecin : « Plusieurs hôpitaux ont fermé aux alentours. Le bloc de l’hôpital de Châteauroux, ouvert en 1995, peine à absorber le surplus d’activité. « On est passé de 3 ou 4 000 interventions, à 8 ou 9 000 par an. Or on a toujours les mêmes locaux. On est au maximum du maximum. Nos locaux ne sont plus adaptés. On a du travail pour dix anesthésistes réanimateurs, or on est 8 - et maintenant 7. Le ministère de la Santé ne nous aide pas du tout à recruter », reproche le chef de l’anesthésie-réanimation. »

Cette tragédie qui nous touche tous survient quelques semaines après le décès toujours inexpliqué d’une patiente de 61 ans au milieu des urgences surchargées de l’Hôpital Cochin à Paris alors que les urgences de l’Hôtel Dieu ont été fermées le 4 novembre. Le SNMH-FO attend toujours d’être reçu par Mr Martin Hirsch en personne. Début mars, alors que le rapport d’« enquête » de l’APHP sur ce décès ne cherchait pas à connaitre les causes du décès, un procureur s’est saisi et une enquête judiciaire est en cours.

Qu’il s’agisse du suicide d’une collègue, ou du décès d’un patient, ces tragédies qui nous touchent tous ne peuvent que nous faire questionner sur les causes réelles de ces événements.

Services publics et de Santé Secrétaire général

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