Les grévistes ont fait plier la direction de Buffalo Grill

Temps de travail par Clarisse Josselin

Après deux journées de grève historique les 25 et 31 mai à l’appel d’une intersyndicale dont FO, majoritaire, les salariés de Buffalo Grill ont été entendus.

« À deux reprises, un quart des 260 restaurants sont restés fermés, c’est du jamais vu dans la restauration au niveau national », se félicite Jean-Luc Giraudon, secrétaire fédéral à la FGTA FO.

Le 4 juin, la direction a proposé l’abandon de son plan de modulation du temps de travail et la conservation de tous les acquis sociaux pour les 4 500 salariés en poste. Mais cette réorganisation serait toutefois imposée aux nouveaux embauchés et les négociations se poursuivent. Une nouvelle réunion avec la direction était prévue le 10 juin.

PERTE DE POUVOIR D’ACHAT

Le projet prévoit une annualisation du temps de travail et la disparition des heures supplémentaires rémunérées. Avec ce lissage, les salariés avec un contrat de 35 heures pourraient par exemple travailler 44 heures une semaine et 26 heures la semaine suivante, sans rémunération supplémentaire.

« En 2013, les heures supplémentaires ont représenté 5 millions d’euros, soit en moyenne 300 euros par salarié, poursuit Jean-Luc Giraudon. Si on ajoute la perte de la prime liée à la baisse de la TVA, la fiscalisation de la mutuelle professionnelle et l’absence d’augmentation collective depuis trois ans, ils perdraient en pouvoir d’achat l’équivalent d’un Smic par an, tout ça pour augmenter les actionnaires. »

En 2013, Buffalo Grill avait perçu 11 millions d’euros de bénéfices nets. L’enseigne, touchée par la crise de la vache folle, avait été rachetée en 2010 par un fonds de pension. « Le fonds veut la revendre en 2015 et les actionnaires essaient d’améliorer les comptes sur le dos des salariés », déplore le secrétaire fédéral de la FGTA FO.

Clarisse Josselin Journaliste à L’inFO militante

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