Désengagement

Trains intercités : au programme, des fermetures de lignes

, Evelyne Salamero

Recommander cette page

© Benoit DECOUT / REA

Commandé par le Premier ministre, le rapport Duron préconise que l’État se décharge du coût des liaisons inter-villes sur les régions et les entreprises privées.

Tout le monde le sait, en particulier les provinciaux. Aller d’une ville à l’autre du pays est souvent laborieux. Les liaisons intérieures souffrent depuis longtemps d’un sous-investissement de l’État. Et la situation pourrait bien empirer : 5 liaisons ferroviaires « intercités » de jour [1] sur les 23 que 100 000 voyageurs empruntent quotidiennement devraient être fermées et les trains de nuit limités à 4 de ces lignes au lieu de 12 actuellement, selon un rapport commandé par le Premier ministre et rendu public le 26 mai. Pour le député Philippe Duron, président de la commission chargée de rapporter, il faut « adapter l’offre à la demande ».

L’autocar pourrait prendre le relais

En clair, ces lignes ne sont pas rentables. Ces « trains d’équilibre du territoire » (TET) feraient doublon avec les trains régionaux (TER), explique la commission tout en préconisant néanmoins, à contre-courant de tous les discours anti-pollution, que l’autocar prenne le relais pour certaines liaisons. Le rapport recommande un accord entre l’État et les régions qui financent les TER. Il préconise également d’expérimenter l’ouverture de ces lignes intérieures à la concurrence, sans attendre l’échéance de 2019 imposée par les directives européennes, dans le cadre de délégations de services publics, d’abord sur les lignes de nuit puis sur certaines lignes de jour. Une fois de plus l’État se désengagerait, s’en remettant aux régions et à des entreprises privées. 

Zoom : FO refuse une convention collective a minima en lieu et place du statut
Dans le cadre de l’ouverture à la concurrence, la loi d’août 2014, dont FO revendique l’abrogation, prévoit la négociation d’une convention collective de la branche ferroviaire qui s’appliquerait aussi bien aux agents sous statut du groupe public SNCF qu’aux salariés des entreprises privées. La fédération FO, suivie par trois autres, a refusé de signer le premier accord portant sur son champ d’application, plusieurs métiers du ferroviaire en étant exclus. De plus, elle a fait valoir son droit d’opposition.

Notes

[1Toulouse–Cerbère, Quimper–Nantes, Bordeaux–Toulouse, Marseille–Nice et Saint-Quentin–Cambrai.