Vache folle : la justice perd la trace

Consommation par Michel Pourcelot, journaliste L’inFO militante

La vache folle dans le pré carré de la justice : dix-sept années d’enquêtes et au bout un non-lieu général, requis dans le cadre de l’un des plus grands scandales sanitaires de ces cinquante dernières années. Vingt-sept à trente décès en France, le premier en 1996, sur les quelque 200 personnes décédées de la transmission à l’être humain de l’encéphalopathie spongiforme bovine, l’ESB, sous la forme, identifiée en 1996, d’une variante atypique de la très neurodégénérative maladie de Creutz­feldt-Jakob (MCJ). Selon une étude publiée dans le British Medical Journal, un Bri­tan­nique sur 2 000 serait porteur de la protéine prion anormale responsable de la maladie, alors que sa durée d’incubation pourrait atteindre cinquante ans et que le nombre de porteurs sains pouvant la développer est inconnu. L’embargo français sur le bœuf anglais, lui, sera pour finir levé en 2002, sous la menace de sanctions financières par la Commission européenne. Bilan : sur les quatre responsables d’usines françaises d’aliments pour bovins poursuivis pour avoir propagé la maladie aucun ne sera poursuivi, une juge aura été mutée, celle du pôle santé mis en place en 2003, et des dizaines de troupeaux abattus. Alors qu’il est apparu récemment, à travers, entre autres, des mélis-mélos de bœuf et de cheval, que d’importantes tromperies dans le domaine de l’agroalimentaire subsistaient et que les moyens affectés aux contrôles faiblissaient, contrairement à la promotion de l’autocontrôle par les entreprises, la révélation, le 14 avril dernier, de la réquisition, en novembre 2013, d’un non-lieu général par le parquet de Paris dans cette affaire de la « vache folle » devrait être l’occasion d’assurer une sécurité sanitaire digne de ce nom. D’autant plus que celui-ci a argué que, d’une part, il « n’a pas été possible de démontrer que la nourriture donnée aux bovins contenait des protéines animales », soulignant ainsi la nécessité d’un traçage sérieux, et que, d’autre part, aucun « lien objectif et irréfutable ne pouvait être établi entre les éléments en cause et les décès », et qu’aucune volonté de contourner les législations n’a pu être relevée. Pas de lois, pas de réglementations, ou si ce n’est un minimum pour, par exemple, ne pas brider la compétitivité : pas de coupables, juste des victimes.

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