Vigne et fécondité : des crus pas très séminaux

Consommation par Michel Pourcelot

Les grandes régions viticoles, Aquitaine, Midi-Pyrénées et Bourgogne, sont les plus touchées en France par la baisse de la qualité du sperme, selon une étude menée au niveau régional par l’Institut de veille sanitaire (InVS). La publication de cette dernière dans la revue internationale Reproduction est intervenue le jour même, 24 février, de la comparution d’un viticulteur bourguignon devant le tribunal correctionnel de Dijon pour avoir refusé de procéder à un traitement chimique obligatoire de ses parcelles. Cet agriculteur bio ne fait partie que des quelque 2% de vignerons certifiés (ou en conversion) en agriculture biologique répertoriés dans l’Hexagone. « Tous les cancers de la vessie que je traite, et qui relèvent à mon avis d’une maladie professionnelle, touchent des gens qui travaillent dans la vigne », constatait, en avril 2012, une cancérologue à l’Institut Bergonié à Bordeaux. Elle déplorait aussi le fait que l’on « sous-estime beaucoup l’impact des pesticides sur la santé » des viticulteurs. La vigne utilise à elle seule quelque 20% des pesticides en France, premier pays consommateur d’Europe, alors qu’elle n’occupe que 3,7% seulement de la Surface Agricole Utile (SAU), soit 783 milliers d’hectares en 2011. Bien loin de la Bible associant vigne et fécondité, l’étude de l’InVS, a, selon le Dr de Mouzon, co-auteur de cette dernière, mis en évidence la corrélation entre l’utilisation des pesticides et la baisse de la qualité du sperme, étude dont les conclusions nécessiteraient d’être avérées par d’autres « études qui soient en mesure de démontrer ces hypothèses ». Seul hic : cela coûte cher. Un rapport intitulé « Viticulture, vins et pesticides », et remis en 1997 au ministère de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables, s’ouvrait sur cette phrase : « Les questions environnementales récentes posées à la viticulture française mettent celle-ci face à un double enjeu : répondre à la demande réglementaire et rester compétitive. » Il faut choisir à quel prix.

 Voir en ligne  : AFOC - Associations FO Consommateurs - Site

Michel Pourcelot Journaliste

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