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A Davos, la CSI appelle à un « nouveau contrat social »

, Evelyne Salamero

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La secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale, Sharan Burrow, faisait partie des sept co-présidentes du Forum économique mondial de Davos. Elle s’est saisie de cette tribune pour appeler à changer les règles de la mondialisation, soulignant l’urgence de négocier un nouveau contrat social.

La démocratie est en train de devenir un dommage collatéral dans un monde où les risques globaux ont été ignorés ou exacerbés par ceux qui ont le pouvoir d’agir. C’est en ces termes que débute la tribune de la secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale, publiée sur le site du Forum économique mondial, dont la 47e édition se déroule comme chaque année dans la célèbre station de ski de Davos en Suisse, depuis le 22 janvier.

La CSI veut faire entendre la voix des travailleurs devant ce parterre de chefs d’État et de grands patrons

Le forum comme il est de tradition a réuni quelque 3 000 participants –grands patrons, responsables politiques, intellectuels, artistes, militants de l’environnement ou des droits de l’Homme, représentants de la société civile et 70 chefs d’État et de gouvernements.

Cette année et pour la première fois depuis sa création en 1971, la présidence du Forum a été confiée à sept femmes, parmi lesquelles figurent aussi Christine Lagarde directrice générale du FMI (Fonds monétaire international), Erna Solberg, la première ministre norvégienne ou encore Ginny Rometty et Isabelle Kocher respectivement P-DG d’IBM et d’Engie.

La secrétaire générale de la CSI s’est saisie de cette tribune pour y porter la parole des travailleurs, a-t-elle expliqué lors d’une conférence de presse à l’ouverture du Forum.

Un monde trois fois plus riche qu’il y a trente ans avec des salaires minimums qui bien souvent ne suffisent pas pour vivre

Soulignant la progression des inégalités économiques qui nourrissent la montée des régimes populistes et autoritaires, elle a appelé à un nouveau contrat social à fonder d’urgence : Nous devons nous asseoir et négocier. Si nous ne donnons pas aux gens l’espoir d’un nouveau contrat social, alors le dommage collatéral sera la démocratie elle-même, a-t-elle alerté.

Le monde est trois fois plus riche aujourd’hui qu’il ne l’était il y a trente ans. Et pourtant nous ne voyons toujours pas des salaires minimum viables, a-t-elle poursuivi, appelant à mieux partager les fruits de la croissance.

Pour d’autres, un meilleur partage de la croissance signifie davantage de réformes structurelles

Si la secrétaire générale de la CSI appelle à un nouveau contrat social, le président français, Emmanuel Macron, à lui appelé à un nouveau contrat mondial

En effet, du côté des chefs d’État et des institutions financières internationales, plusieurs voix se sont aussi élevées pour mettre l’accent sur la nécessité d’une mondialisation plus équilibrée.

Le président français notamment a déclaré qu’il faut arrêter la tendance à détricoter le droit social pour s’ajuster à la mondialisation en demandant à des pays de réduire leurs filets de sécurité sous le minimum indispensable.

Le FMI veut des réformes et des politiques budgétaires exigeantes

Mais il a aussi exprimé sa volonté de rendre la France plus flexible pour la rendre plus compétitive, vantant les mérites de ses réformes en la matière et rappelant son plan sur cinq ans de baisse d’impôts sur les sociétés, sur la fortune, sur les revenus financiers et sur les ménages.

Ce discours aura-t-il suffisamment rassuré la directrice générale du FMI, Christine Lagarde ? Celle-ci, avait, dès le premier jour, appelé les politiques à ne pas se reposer sur les lauriers de la croissance et à profiter de la reprise économique pour engager des réformes structurelles et budgétaires exigeantes.

Elle avait bien sûr aussi appelé à une croissance plus inclusive, estimant qu’il y a encore beaucoup trop de gens qui sont laissés à l’écart de la reprise. C’était visiblement de bon ton cette année à Davos.

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Evelyne Salamero

Journaliste - Rubrique internationale

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