A Nantes, 500 manifestants exigent des moyens immédiats pour les Ehpad

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A Nantes, 500 manifestants exigent des moyens immédiats pour les Ehpad

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A Nantes, 500 manifestants exigent des moyens immédiats pour les Ehpad

A Nantes, 500 manifestants exigent des moyens immédiats pour les Ehpad

InFO militante par Clarisse Josselin, L’Info Militante

Quelque 500 manifestants venus des cinq départements de la région des Pays de la Loire se sont rassemblés le 14 juin à Nantes à l’appel de FO. Ils ont revendiqué des effectifs supplémentaires pour les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) du privé comme du public et une hausse de salaires pour les personnels.

Maltraitance des résidents et des agents des Ehpad, ça suffit. Tel était le mot d’ordre de la manifestation organisée le 14 juin à Nantes, à l’appel des groupements départementaux des services de santé et des territoriaux, des unions départementales et des unions des retraités de la région des Pays de la Loire.

Près de 500 manifestants, des personnels d’Ehpad publics et privés ainsi que des retraités, se sont rassemblés devant la préfecture de région à l’appel du seul syndicat FO, première force syndicale de la région en matière de santé. Après des prises de parole, ils ont défilé dans le centre-ville.

Au micro, deux militantes d’Ehpad ont décrit les conditions de travail et d’accueil des résidents. Patricia Drevon, nouvelle secrétaire confédérale chargée de l’organisation a apporté son soutien à la mobilisation et rappelé les revendications de la confédération. Les manifestants ont aussi reçu le soutien de Dominique Régnier, secrétaire général adjoint de la fédération des services publics et de santé SPS-FO. Une délégation intersyndicale du groupe VYV —où il manque 200 soignants à l’échelle de la région— était également présente.

Une large délégation FO a été reçue à la préfecture de région et par des représentants de l’Agence régionale de Santé (ARS). Les militants ont exposé leurs revendications. La première d’entre elles concerne le recrutement massif de personnels qualifiés pour atteindre le ratio d’un salarié pour un résident, soit la mise en application immédiate du plan solidarité grand âge qui devait être appliqué en… 2012 et n’a jamais abouti.

Les postes vacants se multiplient

Faute d’effectifs en nombre suffisant, la situation ne fait qu’empirer dans les Ehpad, engendrant une maltraitance quasi institutionnalisée. Les collègues disent qu’ils ne veulent plus voir des gens enfermés toute la journée ou qui restent souillés durant des heures, explique Benjamin Delrue, délégué régional Santé de la fédération SPS-FO. Les personnels démissionnent à cause des mauvaises conditions de travail et les postes vacants se multiplient, dans une situation où les emplois sont de moins en moins attractifs.

Or cette situation risque de s’aggraver encore. La Région estime que le taux de places en Ehpad par habitant est supérieur à la moyenne nationale, alors qu’elle est en retard sur les offres de maintien à domicile, explique Benjamin Delrue. Faute de moyens dans le cadre de l’enveloppe fermée de l’Ondam, elle a décidé de ne plus développer les Ehpad. Elle a même transformé un Ehpad en foyer logement. Mais c’est une vision à court terme. Selon les projections de l’Insee, il faudrait augmenter le nombre de places en Ehpad de 20% d’ici 2030 et de 50% d’ici 2050.

Les délégués n’ont pas reçu de réponse immédiate sur leurs revendications. La seule avancée minime est que la remise des diplômes d’infirmier va être avancée de septembre à juillet, déplore Yann Roué, délégué fédéral Pays de la Loire FO pour la branche services publics.

Mais nos interlocuteurs se sont montrés très fébriles face à l’été qui arrive, poursuit Benjamin Delrue. Cela concerne aussi bien la situation dans les Ehpad que la capacité hospitalière. L’offre de soins sera inférieure aux années précédentes et s’il y a une canicule, vu l’état des hôpitaux aujourd’hui, on pourrait avoir un scandale sanitaire.

Il manque 6 800 infirmiers dans les Pays de la Loire

Selon le délégué régional de FO Santé, citant la fédération hospitalière (FHF) lors d’une conférence régionale de santé et d’autonomie (CRSA) le 2 décembre, il manque de 6 800 infirmiers et 1 700 médecins dans la région des Pays de la Loire pour atteindre la densité moyenne nationale concernant ces professions.

Le militant dénonce la formation insuffisante en nombre, d’infirmiers et de médecins durant des années. Cela en raison de quotas trop restreints.

A titre d’illustration, au CHU d’Angers, la vacance d’une quarantaine de postes d’infirmiers a entraîné la fermeture de plus d’une centaine de lit, poursuit-il. En réponse l’ARS va former 270 infirmiers supplémentaires par an dans la région. C’est très en dessous des besoins. A ce rythme, il faudrait 20 à 25 ans pour rattraper le retard. Une mesure rapide serait la réintégration de tous les agents suspendus suite à l’obligation vaccinale, ce serait une vraie bouteille d’oxygène immédiate.

Autre revendication majeure, la revalorisation des salaires, dans le public comme dans le privé. FO demande aussi une extension de la prime grand âge de 100 euros nets à tous les personnels, ainsi que le versement des 183 euros du Ségur pour ceux qui n’en bénéficient toujours pas. FO a par ailleurs rappelé son refus du financement de la perte d’autonomie par la 5e branche, et demande que ce financement se fasse dans le cadre de la sécurité sociale.

Construire le rapport de force

La date de la mobilisation avait été décidée le 5 mai, à l’issue d’une conférence régionale réunissant 130 délégués FO des Ehpad publics et privés. Nous alertons depuis des années sur la situation dans les Ehpad et nous avons organisé cette manifestation pour prévenir que nous n’allons pas lâcher, poursuit Benjamin Delrue. Cela concerne aussi les lits d’hôpitaux. Nous ne voulons plus de promesses mais des actes. Tout le monde est concerné, il faut construire le rapport de force qui doit s’élargir et mener la bagarre en interpro.

Le 30 juin, une conférence régionale des délégués des Ehpad du public et du privé sera organisée en Auvergne. L’objectif est, selon Pascale Guyot, déléguée régionale FO Santé, de construire un cahier de revendications et d’être un point de départ pour une mobilisation nationale. La fédération FO des Services Publics et de Santé vient également de proposer aux fédérations CGT et SUD la perspective d’une action commune.

Clarisse Josselin Journaliste à L’inFO militante

L’Info Militante

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