Portrait - FO Hebdo

À terre ou dans les airs il défend la santé de ses collègues PNC

, Valérie Forgeront

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Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Chef de cabine chez Air France, spécialiste du syndrome aérotoxique (le risque de l’air toxique en cabine), Stéphane Pasqualini, 47 ans, est le monsieur santé du Syndicat national FO des personnels navigants commerciaux (SNPNC FO).

Corse habitant Marseille, titulaire d’un master 2 en histoire, Stéphane Pasqualini a enseigné sept ans dans des quartiers défavorisés. En 2000, changement de cap. Il passe des concours de la fonction publique et en réussit certains. C’est toutefois à un recrutement par Air France qu’il donne sa faveur. Il devient steward affecté aux vols sur les Caraïbes et l’océan Indien puis, après sept ans, il passe chef de cabine. Après un passage dans deux syndicats, il adhère à FO en 2010. Je souhaitais pouvoir défendre ce métier si particulier et méconnu au sein d’un vrai syndicat professionnel. Membre du CHSCT d’Air France, en 2014 il prend la défense des personnels des bases de province (Marseille, Nice, Toulouse). On combat la suppression de jours de congé, l’augmentation des cadences de travail, le non-paiement de l’intégralité des heures d’astreinte…

Une « low-costisation » des personnels

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C’est le nombre de personnels navigants commerciaux qui sont morts du paludisme avant sa reconnaissance comme maladie professionnelle.

Plus largement, Stéphane Pasqualini travaille à faire reconnaître certaines pathologies en tant que maladies professionnelles. C’est difficile, notamment face aux compagnies qui pratiquent le dumping social et une low-costisation des PNC. La Sécurité sociale quant à elle ignore souvent les risques et les spécificités de notre métier aux rythmes de travail et horaires décalés. Les PNC peuvent se trouver dans des zones de guerre ou dans des secteurs touchés par des maladies telles que Ebola, chikungunya… Il aura fallu que trois PNC meurent du paludisme avant qu’il soit reconnu comme maladie professionnelle, indique le militant inquiet de certaines pathologies récurrentes chez les PNC, tels les troubles musculo-squelettiques ou encore une surreprésentation des cancers du sein chez les hôtesses…