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Accès à l’emploi des jeunes : la situation se détériore

, Clarisse Josselin

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Fresque réalisée par Léonar lors de la Journée jeunes FO du 26 janvier 2017. Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

L’insertion des jeunes sur le marché du travail se dégrade. C’est ce qui ressort du rapport issu de la concertation avec les interlocuteurs sociaux et les organisations de jeunesse, remis fin janvier à la ministre du Travail. Et l’ouverture d’une négociation interprofessionnelle sur la question semble compromise.

Le taux de chômage des jeunes, qui s’élevait à 24 % est 2016, est l’un des plus élevés d’Europe. Il a été multiplié par quatre en quarante ans. C’est ce que révèle le rapport de diagnostic sur l’insertion professionnelle des jeunes, réalisé par la Dares et France Stratégies, et remis fin janvier à la ministre du Travail. Il est issu des travaux de la concertation lancée en septembre dernier entre le gouvernement, les interlocuteurs sociaux et quatre organisations de jeunesse.

L’objectif de cette concertation était de diagnostiquer les difficultés rencontrées par les jeunes dans l’accès à un premier emploi de qualité et de dresser le bilan des dispositifs existants en la matière. Et le tableau est plutôt inquiétant.

Plus d’un tiers des 15-24 ans en contrat court

Sans surprise, l’entrée des jeunes sur le marché du travail est fragmentée, avec une succession de stages, de CDD et de périodes de chômage. Ils sont particulièrement frappés par la précarité. Plus d’un tiers des 15-24 ans sont en contrat court. Ils sont également touchés par le sur-chômage, qui persiste plus d’une dizaine d’années après leur entrée sur le marché du travail, selon le rapport. Et moins le jeune est diplômé, plus sa précarité augmente.

Ainsi, sur les sept premières années de leur vie active, les non diplômés ont passé 28 % de leur temps au chômage. Par ailleurs, 17 % des 15-29 ans ne sont ni en emploi, ni en étude, ni en formation, et ce taux ne baisse pas, contrairement à d’autres pays d’Europe. Certains de ces jeunes cumulent des freins périphériques comme les compétences de base, la mobilité, le logement…

Revaloriser la rémunération des apprentis

Une autre caractéristique française est le faible taux d’activité des 15-24 ans, à 15 %, soit 4,5 points de moins que la moyenne européenne, en raison notamment d’un faible cumul emploi-études.

En matière d’apprentissage, un question que FO avait demandé d’aborder lors de la concertation, près de 283 500 contrats ont été signés en 2015. FO revendique une revalorisation de la rémunération. Elle s’élève à 511 euros par mois pour les mineurs, alors que le « coût » de leur embauche est très faible ou nul pour l’employeur, comme le rappelle Michel Beaugas, secrétaire confédéral chargé de l’emploi, dans un communiqué.

Il souhaite également une revalorisation du statut, qui reste très précaire. Un contrat d’apprentissage sur quatre est rompu avant son terme, selon le rapport. Pourtant, l’alternance permet une meilleure insertion dans l’emploi, notamment pour les moins diplômés.

Bilan positif de l’accompagnement individuel

Le rapport dresse un bilan positif de certains dispositifs d’insertion professionnelle. Ainsi, l’accompagnement individuel et renforcé, issu des ANI (Accord national interprofessionnel) jeunes de 2011, débouche sur un taux d’accès à l’emploi de 67%, soit 5 à 10 points de plus que des dispositifs comparables. Le taux est de 45% pour le retour à l’emploi. FO demande un financement public pérenne de ce dispositif.

Les emplois d’avenir, qui ont concerné 600 000 jeunes en 2015, sont également une réussite. Un an après l’entrée en vigueur du dispositif, les trois quarts des bénéficiaires ont obtenu une formation et la moitié une formation certifiante. Quant à la garantie jeunes, généralisée depuis janvier 2017, elle a bénéficié à plus de 80 000 jeunes. Et elle débouche sur un taux d’emploi durable de neuf points supérieur à ce qu’il aurait été sans ce dispositif.

Manque de courage politique

Cette concertation avec le gouvernement devait déboucher dans un second temps sur l’éventuelle ouverture d’une négociation nationale interprofessionnelle ou d’une concertation entre les interlocuteurs sociaux. La ministre du Travail l’avait appelée de ses vœux lors de son discours d’ouverture en septembre dernier. Or, le gouvernement n’a toujours par remis le document d’orientation devant servir de base aux discussions. Est-ce la fin d’une concertation en queue de poisson ?, s’interroge Michel Beaugas. Il dénonce un manque de courage politique, les employeurs n’y étant pas favorables.

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