Tour de France de l’égalité

Agir concrètement pour l’égalité entre les femmes et les hommes

, Clarisse Josselin

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Table ronde « Égalité professionnelle », au Cese, le 23 janvier 2018. Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) a organisé le 23 janvier une séance plénière consacrée à l’égalité femmes-hommes. Il a adopté un projet de résolution dans lequel il évoque la nécessité d’une politique globale, avec des moyens dédiés et des sanctions effectives.

Près de trente-cinq ans après la loi Roudy, qui établit le principe de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, cette dernière reste toujours à conquérir. Les chiffres, hélas, n’évoluent guère, a regretté Sylvie Brunet, présidente de la section travail et emploi du Cese. L’écart de salaire, tous postes confondus, reste de 25 %, dont 9 % de discrimination pure. Françoise Milewski, économiste à l’OFCE, a également rappelé que les femmes occupent 82 % des contrats à temps partiel. Quant à Pascal Liebus, président du syndicat patronal Cateb, il a souligné que seuls 17 % des métiers étaient mixtes.

Cette séance plénière du Cese, troisième assemblée chargée de représenter la société civile, se tenait dans le cadre du « Tour de France de l’égalité », lancé en octobre dernier par la secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa.

Déconstruire les stéréotypes de sexe

82%

C’est le taux d’occupation par les femmes des contrats à temps partiel.

Après l’intervention d’un certain nombre d’experts, l’assemblée a adopté à l’unanimité un projet de résolution comportant une série de recommandations concrètes pour le gouvernement (voir Les propositions fortes de la résolution du Cese). Dans l’exposé des motifs du projet de résolution, Cristelle Gillard, conseillère FO aux droits des femmes pour le Cese, a pointé plusieurs freins à l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, à commencer par l’illusion d’une égalité déjà atteinte. Elle a également évoqué la nécessité de déconstruire les stéréotypes de sexe véhiculés à tous les niveaux de la société, qui perpétuent des normes de domination masculine. Et dans cette lutte contre les stéréotypes, le rôle de l’école est central, comme le rappelle la résolution.

Reste à savoir quelle sera la réaction du gouvernement. Dans le JDD du 21 janvier dernier, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a promis de convoquer les interlocuteurs sociaux à une réunion sur l’égalité salariale pour élaborer un plan d’action d’ici à la fin mars 2018. Son objectif est de supprimer cet écart inexpliqué de 9 % pendant le quinquennat.

De son côté, la secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a annoncé, en clôture de la journée au Cese, que le Premier ministre allait réunir très prochainement les interlocuteurs sociaux à Matignon sur la lutte contre le harcèlement et les violences sexistes et sexuelles au travail. Elle a aussi promis de renforcer les contrôles aléatoires envers les entreprises en matière d’égalité. On accompagnera celles qui veulent réduire les inégalités et on sanctionnera les autres. Y compris en les exposant sur la place publique puisqu’elle s’est déclarée partisane du name and shame, pour nommer et faire honte.

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