Agirc -Arrco : ne pas faire supporter le coût de la crise par les retraités

InFO militante par Secteur Emploi - Assurance chômage - Formation professionnelle - Retraites

© F. BLANC

Le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco se tenait le 7 octobre dernier pour décider de la revalorisation des pensions complémentaires en fonction de l’inflation attendue pour l’année 2021 (1,5 % selon l’Insee). Il soumettait au vote la fixation des paramètres techniques régissant cette revalorisation.

Cependant, l’été dernier le patronat avait profité des circonstances exceptionnelles de la crise Covid pour prétexter un déficit incontrôlable des réserves du régime – celles-ci représentant quatre mois de versements au lieu des six mois envisagés avant la crise – et ainsi ouvrir des négociations portant sur cette indexation. En imposant un agenda d’urgence, injustifié au vu des nombreuses incertitudes de sortie de crise, et en refusant de considérer les propositions de solutions des organisations syndicales, le patronat a proposé à la signature un avenant à l’accord de 2019 qui permettait une sous-indexation du niveau des pensions. Or, l’accord de juillet 2019 garantissait le maintien du pouvoir d’achat des retraites complémentaires.

Cet avenant, approuvé par le patronat, la CFDT et la CFTC, mais refusé par FO, demandait de soustraire 0,5 point au taux d’indexation pour calculer les pensions pendant au moins les deux prochaines années. Ainsi, le conseil d’administration de ce jour a fait voter une revalorisation des retraites complémentaires de 1 %, en vigueur à compter du 1er novembre 2021, au lieu des 1,5 % normalement prévus du fait de l’inflation. Les pensions ne sont donc plus alignées sur l’augmentation du coût de la vie !

FO a fait savoir qu’elle exprimait un vote défavorable sur la fixation de cette indexation, dénonçant une trop faible revalorisation des pensions complémentaires et une instrumentalisation du niveau des réserves du régime par le patronat.

Pour FO, cette limitation de la hausse des retraites complémentaires aurait pu être évitée.

En juillet, FO avait fait d’autres propositions pour préserver l’avenir du régime, notamment par une modulation temporaire du niveau des réserves. Cette solution aurait permis de passer le cap de la crise sans pénaliser le pouvoir d’achat des retraités, a fortiori dans un contexte d’accélération de l’inflation, poussée par la flambée des prix de l’énergie et des produits alimentaires.

FO avait également demandé la suppression du système de malus, incorrectement nommé « coefficient de solidarité », qui est l’équivalent d’un âge pivot à 63 ans dans le régime complémentaire, approuvé en son temps par la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC.

FO a rappelé que l’issue de la crise et son impact sur l’emploi et l’économie sont encore très incertains et les projections fluctuantes, et que la responsabilité en matière de paritarisme ne peut consister à faire porter sur le pouvoir d’achat des retraités les conséquences d’une situation exceptionnelle alors que d’autres solutions étaient possibles. Les entreprises n’ont pour leur part pas participé à l’équilibre du régime depuis plus de dix ans…

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