Aigle Azur : la recherche d’une solution pour sauver les emplois

Toute l’actualité par Valérie Forgeront

DR Frédéric Blanc

Quelque 200 pilotes, stewards, hôtesses de l’air et personnels au sol qui manifestent devant le ministère des transports à Paris et devant le siège de leur entreprise à Orly à l’appel de FO notamment… Des milliers de passagers toujours bloqués dans plusieurs aéroports de la planète pour cause de suppression, trois jours plus tôt, et par un total manque de liquidités, de tous les vols de la compagnie aérienne…

Ce lundi 9 septembre, tandis qu’une délégation syndicale (composée du SNPNC-FO notamment) était reçue par le secrétaire d’État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, l’avenir d’Aigle Azur et de ses emplois se conjuguait encore au conditionnel. Le même jour un Comité d’entreprise extraordinaire a pris connaissance des quatorze projets des candidats à une reprise, partielle, de la compagnie. La justice se prononcera sur ces offres le 16 septembre prochain. D’ores et déjà, FO qui entend que tous les emplois d’Aigle Azur soient préservés appelle les pouvoirs publics à prendre toutes leurs responsabilités.

Depuis de longs mois, le syndicat FO de l’entreprise alertait sur la gestion et la situation financière catastrophique d’Aigle Azur. Il s’inquiétait notamment du caractère aventurier de cette gestion. « Aigle azur a voulu concurrencer un modèle low cost et a fait de très mauvais choix, par exemple celui du long-courrier » explique David Lanfranchi le président du syndicat FO des navigants commerciaux (SNPNC-FO). « Au lieu de se consacrer au moyen-courrier vers l’Algérie (la principale activité d’Aigle Azur, Ndlr), la direction a voulu se positionner sur des lignes déjà inscrites dans un marché très concurrentiel ».

Le 9 septembre, FO-Air France, le syndicat national des personnels navigants commerciaux FO (SNPNC-FO) et la fédération FO de l’Equipement, de l’environnement, des transports et services (FEETS-FO) sont venus apporter leur soutien aux salariés de la 2e compagnie aérienne française lors d’un rassemblement à Paris.

Hôtesses, stewards, pilotes et personnels au sol étaient rassemblés en effet devant le ministère des Transports où une délégation syndicale a été reçue. Les salariés de la compagnie étaient toujours sous le choc de la mise en redressement judiciaire de l’entreprise le 2 septembre et très inquiets pour l’avenir de leurs emplois. « Les salariés d’Aigle Azur ne doivent pas être les victimes de ces méfaits. La compagnie doit être reprise, les pouvoirs publics doivent prendre toutes leurs responsabilités et les représentants des salariés doivent être entendus » insistait le syndicat SNPNC-FO dès le 6 septembre.

Des slots très convoités

Aigle Azur compte quelque 1150 salariés dont 600 en France (300 personnels navigants commerciaux/PNC, 150 pilotes, 150 salariés au sol) rappelle FO (2e syndicat de l’entreprise avec 34% des voix aux dernières élections). Signe des grandes difficultés de la compagnie ces derniers mois : « les fournisseurs n’étaient plus payés, le CIRI (comité interministériel de restructuration industrielle) a dû prêter de l’argent et depuis août les salariés sont payés par les AGS (le fonds de garantie des salaires) » indique David Lanfranchi.

A présent, les salariés attendent une solution.

Les candidats potentiels à une reprise de l’entreprise avaient jusqu’au 9 septembre à midi pour déposer leurs offres. A l’évidence Aigle Azur attire d’ores et déjà les convoitises puisque quatorze candidats ont déposé des dossiers. Pour des offres de reprises partielles. Parmi ces candidats, le groupe Air France-KLM mais aussi la compagnie française low cost FrenchBee (créée en 2016 par le groupe Dubreuil, propriétaire d’Air Caraïbes), la low cost britannique EasyJet, l’espagnole Vueling, Lionel Guérin (pilote de ligne et ancien P-DG de la compagnie Hop, filiale d’Air France), Gérard Houa (actuel actionnaire minoritaire d’Aigle Azur avec 19% du capital et propriétaire de la société Lu Azur basée au Luxembourg) …

Aigle Azur souligne David Lanfranchi intéresse particulièrement par ses activités et le patrimoine de créneaux horaires (les slots) qu’elle détient : près de 10 000 créneaux à Orly sur les 250 000 de l’aéroport.

Alors que la justice doit se prononcer le 16 septembre, qu’un comité d’entreprise extraordinaire a examiné les offres le 9 septembre et que les élus du comité d’entreprise doivent rencontrer les différents candidats ce mercredi 11 septembre, FO souligne son souci d’une préservation de tous les emplois des salariés de la compagnie.

Offrir des garanties aux salariés

Si deux offres ont jusqu’à présent retenu l’attention des pouvoirs publics (celle de Lionel Guérin et celle d’Air France) FO demande que le candidat qui sera retenu « puisse apporter la plus grande stabilité d’emploi aux salariés » explique David Lanfranchi. FO émet des doutes quant à la « pérennité du projet Guérin » et met aussi en garde : « dans un contexte actuel de très grande concurrence, on assiste à un phénomène de concentration du marché. Dès lors, les compagnies de faible taille sont les plus fragiles actuellement ».

Le groupe Air France-KLM quant à lui « a les reins solides » indique le militant. « Air France est une compagnie majeure, en croissance ». Si le projet n’est pas encore totalement finalisé, il porterait la reprise de bon nombre de personnels PNC, pilotes et salariés au sol. « Pour Air France qui compte 14 000 PNC il serait par exemple plus facile d’absorber la reprise des emplois PNC d’Aigle Azur » souligne le président du SNPNC-FO.

Plus largement, FO milite pour que le projet qui sera retenu par la justice soit suffisamment solide pour offrir des garanties aux futurs ex-salariés d’Air Azur. La réponse arrivera le 16 septembre.

Valérie Forgeront Journaliste à L’inFO militante

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