Alain André, nouveau secrétaire général de la Fédération Énergie et Mines

Entre Militants par Evelyne Salamero, L’Info Militante

© F. BLANC

Syndiqué à FO depuis 1985, secrétaire fédéral depuis 1999, Alain André vient d’être élu secrétaire général de la Fédération FO Énergie et Mines (FNEM-FO). Il aura 58 ans le 1er juillet prochain.

Alain André s’est syndiqué à FO à vingt-deux ans, dès sa titularisation à EDF en 1985 comme monteur distributeur électricien, après avoir suivi l’enseignement de l’école de métiers propre à l’entreprise et avoir travaillé comme stagiaire pendant un an, suivant les règles de la maison. Je me suis syndiqué très vite parce que c’était un acte très naturel à l’époque, la quasi-totalité des agents d’EDF était syndiquée. Prendre sa carte était une forme de reconnaissance à l’égard des syndicats dans cette entreprise très riche en acquis sociaux, explique-t-il. Quand on lui fait remarquer qu’il était en revanche beaucoup moins naturel de se syndiquer d’emblée à FO dans ce secteur où la CGT pesait de tout son poids, il répond : Je l’ai fait justement parce qu’on m’avait bourré le crâne pendant dix-huit mois d’école pour que j’adhère à la CGT. Cependant, on comprend vite à l’écouter que son choix n’a pas résulté d’un simple esprit de contradiction, mais d’une décision bel et bien mûrement réfléchie. Je n’ai jamais aimé subir, je n’ai jamais accepté qu’on me demande de baisser la tête et de rentrer dans le rang. S’il n’y a pas une raison valable de le faire, une raison à laquelle j’adhère, alors je sors du rang. Et c’est bien pour cela que la devise de la fédération Agir pour ne pas subir me va parfaitement.

Mieux vaut avoir trop de caractère que pas assez

Sortir du rang lui a-t-il valu des ennuis Comme on dit, ce qui ne tue pas rend plus fort, alors disons que je suis devenu plus fort plusieurs fois, se contente de répondre pudiquement le militant. Mais il ajoute : Je pense qu’il vaut mieux souffrir d’avoir trop de caractère que de n’en avoir pas assez.

Adhérent de base pendant plusieurs années, il franchit une nouvelle étape en 1993, l’année de ses trente ans, quand un important conflit social est déclenché par une réorganisation d’EDF. J’ai pris mes responsabilités, je suis monté sur le tonneau, se souvient-il. Le militant en herbe écrit alors son premier tract. À partir de là, il deviendra rapidement secrétaire du syndicat FO d’EDF Services Périgord et s’investira beaucoup dans la formation syndicale, en particulier celle des représentants au CHSCT. Il est élu secrétaire fédéral en 1999, mandat auquel il s’était présenté à la demande du secrétaire général de l’époque, Gabriel Gaudy. Sa double formation professionnelle, puisque cet électricien détient aussi un brevet professionnel de gazier, lui permet en effet de bien connaître toutes les activités de la branche. En 2005 il commence à militer étroitement avec un certain Vincent Hernandez, alors qu’ils viennent tous deux d’être respectivement élus délégués syndicaux centraux d’EDF et GDF, un an après la transformation de ces deux établissements publics en sociétés anonymes en 2004. Alors quand son camarade, devenu entre-temps secrétaire général de la fédération, lui a demandé il y a quelques mois de le relayer à ce mandat, Alain André n’a pas réfléchi longtemps avant d’accepter, même si cela le contraint à abandonner d’autres mandats qui lui tiennent à cœur, car pour cet ancien rugbyman (de douze à trente-huit ans), une chose compte par-dessus tout : l’esprit d’équipe.

Evelyne Salamero Journaliste à L’inFO militante

L’Info Militante