Allemagne : IG Metall obtient plus de salaires et de flexibilité

International par Evelyne Salamero, journaliste L’inFO militante

© IG Metall

Après deux mois et demi de négociations, ponctuées de fortes grèves d’avertissement allant, fait sans précédent, jusqu’à 24 heures dans près de 300 entreprises, le syndicat IG Metall et la fédération patronale ont signé un accord dans la nuit du 5 au 6 février pour la région du Bade-Wurtemberg (sud-ouest de l’Allemagne). Ce texte devrait servir de modèle dans les autres landers.

Les négociations achoppaient principalement sur la question du temps de travail. IG Metall revendiquait la possibilité pour les salariés le souhaitant de ne travailler que 28 heures hebdomadaires au lieu de 35 pendant deux ans maximum, avec un maintien partiel du salaire sous forme de prime pouvant aller jusqu’à 200 euros et la garantie de pouvoir revenir à un temps plein.

Au final, IG Metall a obtenu que les salariés puissent réduire leur temps de travail hebdomadaire à 28 heures, mais sans compensation financière.

Pendant trop longtemps la flexibilité a été un privilège des employeurs

L’accord n’en marque pas moins un revirement sur la question du temps de travail, a souligné le dirigeant du syndicat Jörg Hoffmann, expliquant : pendant trop longtemps la flexibilité du temps de travail a été un privilège des employeurs et dorénavant les salariés auront le droit d’opter pour un temps de travail réduit, pour eux-mêmes, leur santé ou leur famille.

De leur côté, les employeurs pourront augmenter le temps de travail jusqu’à 40 heures, sur la base du volontariat. Selon les accords signés en 1995, la proportion des salariés travaillant 40 heures dans une même entreprise ne pouvait excéder 18% jusqu’ici. Cette limite va devoir être assouplie après la signature du nouvel accord.

4,3% d’augmentation au 1er avril

Côté salaires, IG Metall a réussi à arracher une augmentation de 4,3% dès le 1er d’avril. Il revendiquait 6% mais les employeurs refusaient jusqu’à il y a peu de dépasser 2%. De plus, les métallurgistes percevront une prime mensuelle de 100 euros de janvier à mars. L’accord qui concerne les 27 prochains mois prévoit également pour 2019 une prime annuelle de 400 euros et une augmentation équivalente à 27,5% de leurs congés payés mensuels.

L’accord s’applique immédiatement aux 900 000 métallos du Bade Wurtemberg, la région où il a été signé. Il devrait être étendu aux autres régions dans les prochains jours et concernera au final 3,9 millions de salariés.

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