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Anne Baltazar, nouvelle présidente de l’Agefiph : « Il faut améliorer la formation des personnes handicapées »

, Clarisse Josselin

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Anne Baltazar, secrétaire confédérale chargée du secteur Économie sociale - Égalité professionnelle - Handicap.
F. Blanc / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0

La secrétaire confédérale Anne Baltazar a été élue à la présidence de l’Agefiph le 10 septembre dernier. Cet organisme paritaire gère le fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées, dont le taux de chômage reste très élevé.


Est-ce la première fois que FO prend la tête de l’Agefiph ?
Anne Baltazar : Non, c’est la deuxième fois, la présidence se fait en alternance entre les collèges employeurs et salariés. En 1987, la première présidence avait été confiée à Paulette Hofman, une secrétaire confédérale FO qui s’était beaucoup investie dans la construction de cet outil. C’était un combat, à l’époque le patronat ne voulait pas en entendre parler.


Quelle est la situation d’emploi des personnes handicapées ?

Anne Baltazar : Il y en avait 452 000 inscrites à Pôle emploi fin 2014, un chiffre inédit. Leur taux de chômage reste deux fois plus élevé que celui des personnes valides. Il a augmenté de 9,5 % en un an et de 120 % depuis 2007. Ces demandeurs d’emploi cumulent les difficultés. Seulement 23 % d’entre eux ont au moins le niveau bac. Presque la moitié ont plus de 50 ans et un tiers d’entre eux sont en recherche d’emploi depuis plus de deux ans.


Cela signifie que les employeurs ne respectent pas leurs obligations d’emploi ?

Anne Baltazar : La situation est paradoxale. Les embauches de personnes handicapées ont augmenté. Mais le nombre de travailleurs dont le handicap a été reconnu a bondi de 40 % entre 2008 et 2011. Par ailleurs, le dispositif a été un peu allégé pour les employeurs. Et c’est encore le cas dans la loi Macron. Le montant des contributions qu’ils doivent verser à l’Agefiph en cas de non-respect de leurs obligations a baissé, passant de 539 millions d’euros en 2010 à 421 millions en 2014. En parallèle, jusqu’en 2017 l’État va ponctionner 29 millions d’euros par an dans le budget de l’Agefiph. Les aides vont en être affectées.


Quelles seront tes priorités en tant que présidente ?

Anne Baltazar : Il y a un gros problème de qualification des personnes handicapées. Nous allons travailler pour améliorer la formation en amont et durant la carrière. Par ailleurs, avec la réforme territoriale les interlocuteurs vont changer. Nous devrons repenser les questions d’emploi et de formation dans les futures super régions. Sur les enjeux du moment il y a comme toujours un risque de désengagement de l’État, qui pourrait déléguer de nouvelles missions à l’Agefiph, mais sans les moyens adéquats. C’était le cas en 2013 avec la gestion de la déclaration annuelle d’emploi de travailleurs handicapés (DOETH). Nous aimerions aussi un meilleur portage politique pour améliorer la situation des personnes handicapées. Il n’y a pas eu de mesures fortes sur ce sujet depuis des années. 

Propos recueillis par Clarisse Josselin


Zoom : L’Agefiph en bref
L’Agefiph, association paritaire créée en 1987, vise à favoriser l’accès et le maintien dans l’emploi des personnes handicapées en milieu ordinaire de travail. Elle élabore et finance un panel d’aides et de services en direction des individus, des entreprises et des professionnels de l’insertion. C’est elle qui perçoit et gère les contributions financières versées par les entreprises de 20 salariés et plus qui ne respectent pas leur obligation d’embaucher au moins 6 % de personnes handicapées.

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