Annick Venzal, son combat de tous les jours à l’EFS

Portrait par Chloé Bouvier, L’Info Militante

Son parcours de sportive de haut niveau a forgé sa ténacité, qu’elle a mise depuis des années au service du syndicat. À 59 ans, Annick Venzal est déléguée centrale FO à l’Établissement français du sang.

S i elle a grandi dans un environnement assez éloigné de la culture syndicale, elle avait déjà cette sensibilité aux autres :  J’ai toujours eu envie de comprendre le monde qui m’entoure et de chercher des solutions pour améliorer les choses, sourit Annick Venzal, déléguée syndicale centrale FO à l’Établissement français du sang (EFS), où elle est rentrée quarante ans auparavant. C’est la seule entreprise où j’ai travaillé. J’y suis très attachée. C’est notamment par son ancien compagnon qu’elle a rejoint Force Ouvrière, en 1996. Le syndicat, comme d’autres, avait été créé six ans auparavant, à la suite de la fermeture des centres de fractionnement pour le plasma et du reclassement de nombreux agents à l’EFS. Petit à petit, et épaulée par beaucoup, Annick Venzal a gravi les étapes avant d’arriver à ce mandat. Et malgré son expérience, elle a toujours la crainte, en toute modestie, de ne pas être la hauteur. Si FO lui correspond, c’est qu’elle adhère à sa philosophie, explique-t-elle : J’ai besoin de ne pas être que dans le négatif. Et je ne m’y retrouverais pas dans une organisation très formaliste, alors que là, il y a une liberté, des fédérations notamment. Et Force Ouvrière c’est une organisation qui travaille pleinement à l’amélioration des conditions de travail de tous.

Toujours l’envie de gagner

Pour elle, le syndicalisme est un combat de tous les jours. Son envie de gagner, elle la tient d’avant son engagement, alors qu’elle était sportive de haut niveau dans le cyclisme. Championne du Lyonnais, elle a d’ailleurs rejoint l’EFS car les horaires de travail me permettaient de m’entraîner. Son bac en poche, la militante bénéficie de la formation continue pour décrocher un bac+2. À l’époque, Annick Venzal remarque qu’elle ne reçoit pas la même reconnaissance financière que les hommes. Pour moi, ça a toujours été important de faire entendre la voix des femmes, indique celle qui, sur son temps libre, fait également partie d’un club de cyclisme et suit de près la vie de la fédération sportive. C’est sans doute aussi pour ça que je me suis orientée vers le syndicalisme. Et je n’ai aucun souci à prendre la parole lorsque j’ai quelque chose à dire et aussi pour relater les conditions de travail des autres. Ce qu’elle n’a cessé de faire au sein de l’EFS, au point d’accepter d’être déléguée syndicale centrale deux ans avant de partir à la retraite. Et autant dire que l’évolution de l’établissement l’inquiète. Ce n’est plus du tout le même EFS que j’ai connu lorsque j’y suis rentrée en 1981. Il y a un manque de considération envers les salariés mais aussi vis-à-vis des donneurs. Tout cela est symptomatique de la politique actuelle où l’on exige de faire plus avec moins, regrette celle qui lutte chaque jour contre la dégradation des conditions de travail. Si Annick se dit contente de partir en retraite dans deux ans, le combat syndical reste pour elle primordial : Il faut continuer à maintenir le rapport de force entre employeurs et salariés. Et elle continuera jusqu’au bout.

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